Mali: Le gouvernement veut éradiquer l’antique pratique de l’excision
Bamako, 22 mai 2000 (APIC) Le Mali a relancé le processus de lutte contre la pratique de l’excision. Son gouvernement a réuni, la semaine dernière à Bamako, les chefs religieux musulmans du pays pour étudier les voies et moyens susceptibles d’aider à éradiquer l’ablation du clitoris pratiqué sur les filles dans le pays. Avec 90% de fidèles sur près de 9 millions d’habitants, l’islam est la religion dominante au Mali où les chefs religieux jouent un rôle social très important.
A l’issue de leur rencontre, le 16 mai, les dignitaires religieux ont préconisé la mise sur pied d’une structure nationale composée de traditionnalistes, chefs et guides religieux et de juristes. Son objectif: oeuvrer pour un rapprochement et une harmonisation des positions entre partisans et adversaires de la mutilation génitale féminine. Le débat sur cette question oppose d’une part, les chefs religieux aux associations de lutte contre l’excision, et d’autre part, les religieux eux-mêmes.
Venus de toutes les régions du pays, ils ont aussi recommandé des plans d’éducation et d’information à travers les nombreuses écoles coraniques. Ils seront exécutés par les prêcheurs, les organisations religieuses musulmanes, ainsi que par les Organisations non gouvernementales (ONG). Tout en reconnaissant unanimement que la pratique de l’excision n’est pas inscrite dans le Coran, ils rassurent ceux qui ne la pratiquent pas en affirmant qu’ils ne commettent aucun péché.
Le forum des chefs religieux maliens a invité le gouvernement à organiser, en collaboration avec les institutions religieuses et les universités intéressées, une conférence internationale contre l’excision. Des représentants d’autres pays africains et arabes musulmans ont participé au forum national des chefs religieux du Mali. Ils étaient venus de Tunisie, d’Egypte et du Sénégal, a rapporté l’agence panafricaine de presse (PANA).
Selon la responsable d’une ONG locale, l’excision est l’un des plus grands problèmes et des plus grands défis auxquels la société malienne est confrontée. L’adoption d’une loi, à son avis, ne permet pas de le régler. En 1997, une tentative de lutter contre le phénomèène avait été menée par les autorités. Elles avaient alors organisé un séminaire de sensibilisation des chefs religieux, chefs de villages, femmes, entre autres.
Au terme de cette rencontre, un comité national d’action pour l’éradication de l’excision avait été créé et une stratégie nationale de lutte, adoptée. Mais il n’y a pas eu de suivi à cause de la résistance des vieilles traditions. Les spécialistes ont souvent estimé que toute solution au problème passe nécessairement par un consensus et un compromis au sein de la population.
L’excision est interdite dans trois des sept pays limitrophes du Mali. Ce sont : le Burkina-Faso, la Côte-d’Ivoire et le Sénégal. Elle est considérée comme un délit pénal depuis janvier 1999 au Sénégal. (apic/ibc/ba)
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