Rome: Ouverture du jubilé des scientifiques
Rome, 23 mai 2000 (APIC) Près de 350 représentants du monde de la recherche et de la science ont écouté le 23 mai 2000 les propos du cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture, s’exprimant sur le thème de «la recherche humaine de la vérité». Le président du Conseil pontifical pour la Culture ouvrait ainsi les travaux du «jubilé des scientifiques», célébré à Rome du 23 au 25 mai 2000.
Pour le cardinal Poupard, l’état actuel des progrès de la science présente deux dangers. Le plus immédiat, pour les scientifiques, est de «se croire tout permis», dans l’idée de «dominer tous les aspects de l’existence humaine au moyen du progrès technologique». Cela conduit par exemple aux techniques de manipulation génétique, de fécondation artificielle et d’expérimentation sur les embryons humains.
L’autre danger, estime le président du Conseil pontifical pour la culture, est «la tentation renaissante du scepticisme», à savoir cette attitude de doute systématique, de soupçon, voire de désespoir, qui naît, au fond, de l’absence de toute certitude. «Si rien n’est vrai, tout est permis», a souligné le cardinal. «L’homme et la société sombrent alors dans l’hédonisme et se laissent emporter, de façon irresponsable, par les instincts les plus inavouables», a continué le cardinal Poupard.
Soulignant ensuite que la science et la religion doivent s’enrichir mutuellement, le cardinal Poupard a insisté sur la «rigueur rationnelle» que la science exige de l’Eglise dans la présentation du message de la foi, à laquelle doivent répondre selon lui les théologiens et les catéchistes. «L’expérience nous enseigne que la science elle-même a contribué à purifier la religion de nombreuses erreurs et superstitions», a-t-il expliqué. «La religion, à son tour, peut purifier la science de l’idolâtrie des idéologies matérialistes et réductionnistes, qui en définitive se retournent contre la dignité de l’homme».
Un programme d’interventions variées a été prévu par le Conseil pontifical pour la culture, pour ce «jubilé des scientifiques». Un professeur américain venu de Californie parlera sur la théorie du big-bang, un autre, venu du Liechtenstein, se penchera sur la philosophie et la science dans le contexte de la culture contemporaine. Un chercheur en médecine polonais de l’université de Cracovie, par ailleurs membre de l’Académie des sciences, fera un exposé sur les efforts pour allonger la durée de la vie, et un membre de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le développement interviendra sur la foi et la raison dans le domaine de l’économie.
«Christ, Seigneur de l’univers»
Après ces deux jours de congrès, les participants se retrouveront le soir du 24 mai dans une église romaine proche du Vatican pour une cérémonie pénitentielle. Ce sera l’occasion pour eux de réfléchir, d’une part aux fautes morales commises dans le domaine scientifique. D’autre part, les scientifiques réfléchiront à l’éventuel manque de respect de «la légitime autonomie de la science». Le 25 mai, les scientifiques passeront ensemble par la Porte Sainte de Saint-Pierre, en signe de «reconnaissance du Christ comme Seigneur de l’univers et de l’histoire», avant d’assister à la messe et d’être reçus par le pape à l’intérieur de la basilique.
Si la plupart des participants sont des Européens et des Américains, certains sont néanmoins venus des autres continents, en particulier des Philippines, de Nouvelle-Zélande, et du Chili. Un fonds de solidarité a permis par ailleurs à des scientifiques du Burkina Faso, de la Russie, de l’Egypte et de la République tchèque de venir à Rome. (apic/imed/mk/pr)
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