Le P. Alexander Kahn, jésuite de 37 ans, était jusqu’en 1997 vicaire général de l’administration apostolique de Sibérie, le plus grand diocèse (en superficie) du monde, à Novosibirsk. A ce titre, il était bras droit de l’évêque, Mgr Joseph Werth. Il est originaire d’une famille allemande de Russie déportée au Kazakhstan quand Staline décida, au lendemain de l’agression allemande contre l’URSS en juin 1941, de transférer de force quelque 800’000 soviétiques d’origine allemande au-delà de l’Oural, en Sibérie et dans les républiques asiatiques de l’URSS. Né le 7 mai 1963 dans une zone de peuplement allemand près de Kustanai, à l’instar d’autres descendants de déportés, Alexander Kahn a étudié au séminaire de Riga, en Lettonie, le seul qui formait à l’époque communiste des prêtres catholiques pour toute l’URSS.

Le Père Alexandre Kahn, issu d’une famille allemande déportée sous Staline

Alexander Kahn a un frère jésuite, le Père Johannes Kahn, actuellement curé à Pavlodar, au Kazakhstan. Le jeune Kahn, entré clandestinement dans la Compagnie de Jésus, commence son noviciat le 1er octobre 1979. Après le service militaire, il entre au séminaire de Riga. Il est ordonné prêtre le 29 mai 1988. Après avoir obtenu la licence en droit canon à l’Université pontificale grégorienne à Rome, il travaille de 1992 à 1997, à Novosibirsk comme vicaire général de l’Administration apostolique de Sibérie, supérieur du séminaire de propédeutique et curé de la cathédrale. Il est membre du Conseil pontifical «Cor Unum» à Rome, et consulteur de la région indépendante russe de la Compagnie de Jésus. Depuis le mois d’août 1997, il travaille à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, où il a été nommé en décembre 1997 supérieur de la «missio sui iuris», qui dépend directement de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples au Vatican. Les catholiques, dans cette ex-République soviétique d’Asie centrale, étaient jusqu’alors sous la juridiction de l’Administrateur apostolique du Kazakhstan, Mgr Jan Pawel Lenga. Le Père Kahn parle plusieurs langues, dont le russe, l’allemand, le lituanien, le polonais, l’italien et l’anglais. Au séminaire de Riga, les séminaristes avaient l’obligation d’apprendre les «langues catholiques» d’Union soviétique. Aujourd’hui, il les utilise encore lors des confessions par ex. (apic/be)

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