Une devise pour investir autrement
Bruxelles, 3 avril 2000 (APIC) Investir autrement en soutenant des acteurs économiques et financiers qui ne cherchent pas que leur profit, c’est possible. Et c’est peut être « le top de l’éthique ». D’où le choix de la devise EthiTop que recommande le réseau « Action contre la spéculation financière ». En Belgique, une cinquantaine d’organisations non gouvernementales sont partie prenante de ce réseau coordonné par « Entraide et Fraternité », organisatrice du Carême de Partage.
« A la banque, votre argent ne dort pas. Il peut enrichir certains acteurs économiques et financiers qui l’utilisent à leur profit exclusif: opérations purement spéculatives, offres publiques d’achat (OPA) hostiles, soutien à des dictatures, commerce des armes, blanchiment de l’argent sale… Mais il peut aussi alimenter une économie socialement responsable. Avec EthiTop, vous encouragez une économie plus juste, plus humaine, plus solidaire ». C’est en ces termes que le réseau « Action contre la spéculation financière vient de lancer la devise EthiTop, dont il espère qu’elle deviendra une valeur de référence pour quantité d’investisseurs et d’épargnants.
L’option est proposée à tous, tant à ceux qui misent sur des sociétés cotées en bourse qu’à ceux qui investissent déjà dans des entreprises d’économie sociale, des coopératives, des petites et moyennes entreprises, ou encore des sociétés dites à « capital-risque solidaire ». Avec EthiTop, expliquent les responsables du réseau, il y a un rendement que chacun peut réinvestir dans des associations actives dans la lutte contre l’exclusion, dans la défense des droits humains, dans la protection de l’environnement et dans le développement des pays du Sud.
Un choix de développement
Le lancement de cette nouvelle valeur de référence s’accompagne d’une campagne médiatique, où affiches et tracts valorisent une option alternative par rapport à certains choix bancaires. Et donc un choix de développement économique. Les banquent attribuent volontiers le rendement maximum d’un produit financier à une sélection des entreprises rentables. Elles disent rarement, observent les initiateurs d’EthiTop, « que les gros actionnaires exigent des entreprises une rentabilité nette équivalant à celle qu’ils peuvent obtenir sur les marchés financiers: au minimum 15 % par an, parfois plus ». Or, cette exigence fait pression sur l’entrepreneur; elle l’incite à s’affranchir de toute responsabilité sociale et à imposer aux salariés des restructurations qui se soldent souvent par des pertes d’emploi et/ou par une dégradation des conditions de travail ».
Le cas de Michelin est cité comme le cas typique d’une vision du monde, où la santé de l’économie est jugée à la seule aune des indices boursiers : « En septembre 1999, à l’annonce du licenciement par Michelin de 7’500 personnes en Europe, l’action de cette société a fait un bon de 12,5% en une séance ». (apic/cip/ba)
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