La simplicité, la gentillesse, l’humour aussi de l’évêque du diocèse de Bâle, dont le français n’est pas la langue maternelle, ont séduit le public jurassien. Dans la série «Ce que je crois», des personnalités du monde politique, artistique, scientifique, économique, succéderont à Mgr Koch à Delémont. Elles montreront la diversité des moteurs d’une vie. La conseillère fédérale Ruth Dreifuss parlera de sa croyance et de son engagement le 20 octobre prochain.
Une foi cadeau donnée depuis toujours
Mais le premier invité de la maison diocésaine ne pouvait être que l’évêque, qui ne pouvait exprimer d’autre foi que sa foi en Dieu, comme une évidence, une foi dont il ne connaît pas les raisons et qui n’est pas le fruit d’une réflexion, une foi cadeau qui lui a été donnée depuis toujours.
La première chose dans la foi est d’être prêt pour une vocation, dira-t-il, la première vocation étant d’être chrétien. Très jeune, Mgr Koch a eu l’intuition d’une vocation de curé de paroisse, mais ce n’est resté qu’un rêve. Mgr Hänggi, l’évêque d’alors, a su le convaincre, le diocèse avait besoin de théologiens ! Mgr Koch est devenu professeur, puis évêque. Il se raconte, jusqu’à évoquer des éléments familiaux plus douloureux, qui lui auront enseigné l’humilité en tant que prêtre. La souffrance d’ailleurs, qui empêche tant de gens de croire, lui ne peut la comprendre en dehors de Dieu. Dieu qui fait l’expérience humaine, c’est le centre de la foi. Et par le mystère trinitaire, le Dieu que nous confessons est un Dieu social. C’est pour cela qu’on ne peut être chrétien tout seul, mais en communauté.
L’homme est à l’image de Dieu
Comment Mgr Koch vit-il sa foi ? La première réponse à la révélation de Dieu, c’est la louange, par la prière, source de la vie chrétienne, nécessaire comme le pain quotidien. L’expérience de la prière lui révèle la grande patience de Dieu. Et la perspective de l’éternité donne la possibilité de «perdre» du temps terrestre pour Dieu. La deuxième réponse est le partage avec les autres, le témoignage : «Dieu est la grande garantie pour l’humanité et dans ce sens, nous devons approfondir notre foi pour apporter notre contribution à la société pour son avenir. Nous devons témoigner, parce que la crise de Dieu d’aujourd’hui provoque la crise de l’homme».
Besoin de rédemption
«Si Dieu avait voulu l’homme parfait, il aurait attendu aujourd’hui, l’ère des computers, pour le créer !», rit Mgr Koch. L’homme sait ce qui est bien mais il ne le fait pas. D’où vient le mal dans la société si l’homme est bon et libre à l’origine ? Rousseau n’a pas répondu à la question et l’évêque de Bâle, pour démontrer qu’il ne suffit pas de changer la société mais que l’homme a besoin de rédemption, s’appuie sur saint Paul qui en a fait l’expérience. Pour changer le monde, il faut avoir le courage de commencer sa propre conversion.
Un temps pour témoigner, la rencontre avec Mgr Kurt Koch comprenait aussi un temps de dialogue et l’évêque n’a pas éludé les grandes questions qui intéressent le public. Crise de Dieu ou crise de l’Eglise ? Oui, il faut parler des éléments critiques de l’Eglise, mais il convient aussi de s’interroger : «A quel Dieu croyons-nous, image déiste ou Dieu trinitaire chrétien ?» Le lourd poids du statut des divorcés-remariés : il reste un grand travail théologique et pastoral à accomplir, en s’inspirant peut-être de la tradition orthodoxe, qui admet une nouvelle alliance. Mgr Koch place l’euthanasie et la contraception dans le même registre des questions difficiles. L’ordination des femmes ? Elle est empêchée pour des raisons de tradition: un grand progrès a été fait par cette déclaration du cardinal Ratzinger qui écarte ainsi les raisons dogmatiques.
Où est Dieu ?
Mais cette question concerne les ministères uniquement, pas la vie des baptisés : l’Eglise ne fait pas de différence entre les sexes, les races et les classes en ce qui concerne la dignité fondamentale de l’homme. Et Mgr Koch de rappeler que les évêques doivent obéissance au pape. Le célibat des prêtres est un problème plus simple, il n’est pas une question de foi, mais de discipline.
Il arrive même à l’évêque de se poser la question, lorsqu’il rencontre des situations difficiles. Il trouve l’aide dans la promesse de la croix. «Si Dieu se tait dans notre réalité humaine, c’est qu’il ne veut pas nous presser, il invite. Dieu se cache si bien dans un bébé qu’il nous arrive d’arrêter de le chercher». (apic/sic/mr/be)
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