Rome: 1e mai, un Jubilé pour les blessés de l’économie moderne

« La société, pour être humaine, sera solidaire »

Rome, 18 avril 2000 (APIC) Le cardinal Roger Etchegaray, président du Comité central du Grand Jubilé, annonce que le « 1e Mai du Jubilé » sera centré sur l’homme. Mais aussi sur l’homme sans travail. Selon l’expression du cardinal français, cette journée s’adresse en particulier aux « blessés de l’économie moderne ».

« La société, pour être humaine, sera solidaire ou elle continuera à ne pas respecter la dignité de tous », souligne le cardinal français, un ancien président du Conseil pontifical « Justice et Paix », particulièrement sensible aux questions touchant la justice et l’enseignement social de l’Eglise.

La solidarité des travailleurs

Pour le cardinal Etchégaray, les « vrais pratiquants » de la fête , depuis son institution à la suite du sang versé dans les luttes ouvrières à la fin du 19e siècle, ce sont les travailleurs, portés par un mouvement ouvrier né avec l’ère industrielle et qui s’est développé souvent en marge de l’Eglise.

Jean Paul II, après Léon XIII, a expliqué, dans son encyclique « Laborem exercens » en 1981, le sens de cette solidarité des travailleurs qui réagissait contre la dégradation de l’homme comme sujet du travail et contre l’exploitation inouïe qui l’accompagne.

Les conditions de travail

Le cardinal a continué en déplorant qu’ »aujourd’hui, plus que la condition de l’homme au travail, c’est la condition de l’homme sans travail qui est préoccupante car elle fait de lui un homme amputé dans sa personnalité même. Ces « blessés de l’économie moderne » sont très nombreux. La crise de l’emploi est devenue un fait structurel et pas seulement conjoncturel, ce qui oblige à repenser la signification du travail et son rapport à l’homme, a-t-il ajouté.

L’expérience d’un pape qui fut ouvrier

En ce sens, le prochain premier mai avec la participation d’un pape qui a travaillé jeune dans les carrières de pierres de Zakrzowek et dans les fournaises de Solvay à Borek Falecki, puis à Nowa Huta…où il a appris à nouveau les valeurs de l’Evangile », prendra une dimension jubilaire pour l’Eglise et l’humanité toute entière. Il s’agit d’un chemin de solidarité et de justice élargi », a conclu le cardinal Etchégaray. (apic/zn/mk)

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