L’archevêque anglican Gitari, très critique face aux Japonais

Remise de la dette aux pays les plus pauvres

Londres, le 19 avril 2000 (APIC) L’archevêque anglican du Kenya, David Gitari, a critiqué le Japon qui, estime-t-il, n’a pas su répondre adéquatement au message lancé par l’initiative «Jubilé 2000» en faveur de la remise de la dette des pays les plus pauvres du monde.

Dans une déclaration faite à Londres au retour d’un voyage à Tokyo, il a demandé au gouvernement japonais d’assouplir sa position à propos de la dette. Le Japon présidera en juillet le Sommet annuel du G8.

«Jubilé 2000», un mouvement international présent dans plus de 40 pays, réclame l’annulation des dettes des pays les plus pauvres selon un processus équitable et transparent. L’archevêque Gitari a reconnu que la délégation qu’il emmenait avait obtenu un succès mitigé lors de la rencontre avec des représentants des ministères des Finances et des Affaires étrangères japonais. «Nous avons été écoutés avec grande attention, mais dans la majorité des cas, la réponse s’inscrivait dans la ligne officielle», a déclaré le prélat kenyan.

Les Japonais, a poursuivi l’archevêque Gitari, ont fait remarquer qu’ils avaient déjà annulé environ la moitié des emprunts bilatéraux accordés aux pays les plus lourdement endettés. «Ils ont proposé, dit–il, de rééchelonner la dette restante sur 40 ans avec un délai de grâce de 16 ans pour les paiements. Dans ce cas, les remboursements seraient alors compensés par une aide supplémentaire».

L’archevêque Gitari dit ne pas accepter l’explication des Japonais qui, à ses yeux, en prenant en compte l’aide future, estiment que cela équivaut à l’annulation des premières dettes. Selon «Jubilé 2000», conformément à la procédure japonaise, la nouvelle assistance doit être consacrée aux importations, et ne doit pas servir à faire des dépenses sur le plan national pour lutter contre la pauvreté.

L’archevêque anglican a cependant fait l’éloge des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne qui ont annulé 100 % de la dette bilatérale sous certaines conditions. «Jubilé 2000» a souligné que plusieurs pays industriels occidentaux ont promis une certaine forme d’annulation à 100% de la dette des pays les plus pauvres, même si, de l’avis de l’organisation, cela ne signifie pas l’annulation totale de la dette des pays pauvres.

L’archevêque Gitari a précisé pouvoir parler en toute connaissance de cause des souffrances causées par l’endettement. La Tanzanie, a-t-il dit, dépense plus pour rembourser l’intérêt de la dette extérieure que pour l’éducation et la santé réunies. Au Kenya, la dette représente environ 85 dollars par personne – homme, femme, enfant. Pendant le même temps, 500 Kenyans meurent chaque jour du sida. La tuberculose et le pian frappent de nouveau l’Afrique de l’Est. Dans la zone subsaharienne de l’Afrique, les inscriptions dans les écoles primaires ont diminué depuis 1980.

Remise en question de l’annulation de la dette

L’archevêque Gitari a encore indiqué que les Japonais ont remis en question l’annulation pure et simple des dettes. Or, a-t-il ajouté, «pour nous c’est une question de justice, étant donné l’effet sur les pauvres» L’archevêque était l’hôte de l’Eglise anglicane du Japon et la visite était organisée par deux sociétés missionnaires anglicanes, «The Church Mission Society» et «The United Society for the Propagation of the Gospel», membres de l’initiative «Jubilé 2000» en Grande-Bretagne. (apic/eni/mk/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/remise-de-la-dette-aux-pays-les-plus-pauvres/