Fin d’une controverse de quatre mois

Etats-Unis: Catholique nommé aumônier de la Chambre des représentants

Washington, 24 avril 2000 (APIC) La nomination historique et inattendue d’un prêtre catholique comme aumônier de la Chambre des représentants des Etats-Unis a mis un terme à une controverse de quatre mois. Celle-ci a secoué le Capitole de Washington. Certains membres accusant ouvertement d’autres de faire preuve de bigoterie religieuse et de céder aux intérêts religieux de différents groupes.

Le président de la Chambre des représentants, Dennis Hastert, républicain de l’Illinois, a surpris de nombreux parlementaires fin mars en interrompant un débat sur le budget de la nation pour faire prêter serment au prochain aumônier, Daniel Coughlin, qui travaille actuellement à l’archidiocèse de Chicago. Ce dernier devrait entrer en fonction ces jours. Ancien prêtre de paroisse, Daniel Coughlin a 40 ans d’expérience et il a été pendant plusieurs années conseiller auprès d’autres prêtres de l’archidiocèse de Chicago.

L’aumônier peut être amené à prodiguer ses conseils aux membres de la Chambre et à leurs familles, à célébrer des mariages ou des funérailles. Toutefois, sa tache la plus visible consiste à prononcer une prière au début de chaque session.

La controverse a commencé après que les dirigeants républicains de la Chambre eurent annoncé, au début décembre 1999, qu’ils avaient choisi le pasteur presbytérien Charles Parker Wright pour occuper le poste d’aumônier. Cette annonce avait conduit certains à penser qu’un prêtre catholique romain, Timothy O’Brien, avait été délibérément écarté du poste. En effet une Commission parlementaire avait examiné, pendant plusieurs mois, les dossiers de nombreux candidats et avait décidé – par votre secret – que Timothy O’ Brien était le meilleur choix.

Une première pour un catholique

La controverse qui s’ensuivit s’arrêta net lorsque Charles Parker Wright retira son nom du processus, laissant à Dennis Hastert la voie libre pour nommer Daniel Coughlin à ce poste (La nomination de l’aumônier relève traditionnellement de la responsabilité du président seul. La Commission parlementaire qui avait examiné les candidatures l’an dernier n’avait qu’un rôle consultatif).Toutefois, la nomination a ouvert un large débat dans la presse du pays, sur les raisons qui justifient encore, étant donné la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la présence d’un aumônier au Congrès. Pourquoi, s’interrogent les journaux, ne pas envisager la possibilité d’avoir un juif, un bouddhiste ou un non-chrétien à ce poste? Pourquoi ne pas avoir un système de rotation entre les religions? Et enfin pourquoi n’avoir pas nommé plus tôt un catholique lorsque l’on sait que le catholicisme est la plus grande dénomination en Amérique?

Le « Kansas City Star » écrit: « Tout ce bruit à propos de la nomination de l’aumônier de la Chambre des représentants nous pousse à nous demander s’il est juste que les contribuables paient pour ce poste, que ce soit à la Chambre ou au Sénat ».

Sandi Dolbee est chargée de l’information religieuse au journal « San Diego Union-Tribune ». Elle admet avoir éprouvé un sentiment de fascination à l’annonce de cette nomination historique. « Notre culture change, a-t-elle fait remarquer dans une déclaration faite à l’Agence œcuménique ENI. En certains cas, rapidement, comme une étoile filante, en d’autres, aussi lentement que le déplacement d’un glacier. Il est surprenant de voir que ce pays, qui a plus de 200 ans, n’avait pas encore eu d’aumônier de la plus grande Eglise du pays – catholique. Il est encore plus révélateur de découvrir que la décision de nommer un catholique a provoqué une telle controverse ».

La séparation de l’Eglise et de l’Etat a été un paradoxe tout au cours de l’histoire des Etats-Unis – et restera indéfiniment un paradoxe, a-t-elle ajouté.

« La Cour suprême débat des prières dans les écoles du Texas et pourtant la Chambre des représentants et le Sénat commencent leurs sessions par des prières prononcées par une personne qui touche plus de 100’000 dollars par an. Mais l’Amérique n’a jamais eu une attitude cohérente à propos de la séparation de l’Eglise et de l’Etat ».

A la charge des contribuables

A la Chambre des représentants, Dennis Hastert a défendu le rôle de l’aumônier. « Depuis que la première prière a été prononcée au Congrès le 7 septembre 1774, deux ans avant que la Déclaration de l’indépendance ne soit rédigée, le Congrès a été béni tous les jours par une prière. Celle-ci a été un havre de paix contre les luttes partisanes. Elle a rapproché des factions disparates autour du thème de l’amour de Dieu ».

Les contribuables financent le budget de 136’000 dollars pour l’aumônier de la Chambre et de 277’000 dollars pour celui du Sénat. (apic/eni/pr)

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