Nécessité urgente d’assurer la sécurité alimentaire

Genève: Les Mouvements ruraux catholiques face aux pays en développement

Genève, 25 avril 2000 (APIC) La Fédération internationale des mouvements d’adultes ruraux catholiques (FIMARC) a réaffirmé, lors de la 55e session de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, que la profondeur du fossé entre les pays développés et les pays en développement reste inadmissible.

Pour la FIMARC, cette situation va malheureusement encore s’aggraver avec la mise en œuvre des projets de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Des réglementations supplémentaires pour imposer le libre échange risquent de porter davantage atteinte à la souveraineté alimentaire de ces pays et réduire à néant les efforts engagés pour un développement durable.

Le droit à l’alimentation

La FIMARC met en évidence la nécessité urgente d’assurer la sécurité alimentaire pour tous, c’est à dire la possibilité pour chacun d’avoir accès, à tout moment, à la nourriture dont il a besoin pour mener une vie saine et active. Pourtant les représentants des gouvernements ont tous reconnu en novembre 1996 au Sommet mondial sur l’alimentation à Rome, « combien est intolérable le fait que plus de 800 millions de personnes, plus particulièrement dans les pays en développement, n’aient pas de nourriture suffisante ».

Aux yeux de la FIMARC, cette situation n’est pas due à l’insuffisance des disponibilités alimentaires, mais à l’insuffisance des revenus familiaux. Et aux difficultés d’accès à la nourriture et à l’instabilité de l’offre et de la demande. Globalement, les ressources alimentaires mondiales seraient donc suffisantes pour nourrir la population de la planète. La solution n’est donc pas l’accroissement de l’offre alimentaire, mais bien l’accès de celle-ci par une répartition plus équitable des moyens de production.

La sécurité alimentaire passe par la souveraineté alimentaire

Pour la FIMARC, la sécurité alimentaire est une conséquence naturelle de la réalisation du droit à l’alimentation qui va de pair avec le droit de la souveraineté alimentaire., constitutive du droit au développement. Raison pour laquelle les mouvements de la FIMARC, avec des organisations paysannes, se mobilisent, à travers le monde, pour avoir la maîtrise des choix essentiels concernant les biens alimentaires que leurs populations vont consommer, produire ou importer. Pour eux , la souveraineté alimentaire est le droit de contrôler la production, las transformation et la commercialisation des produits alimentaires, droit des peuples à se nourrir eux-mêmes, droit à défendre , à protéger et à promouvoir.

La souveraineté alimentaire: un enjeu de société

La souveraineté alimentaire des peuples et leur droit à se nourrir eux-mêmes sont gravement menacés par les propositions de l’OMC, déclare en outre la FIMARC. Cette dernière demande: « A un échange libre, proposons un échange équitable. L’alternative que nous cherchons à promouvoir, s’enracine dans une agriculture raisonnée, créatrice d’emploi, respectueuse de l’environnement. Qui garantisse la sécurité et la souveraineté alimentaires de leurs peuples. Nous défendons l’idée que les produits agricoles ne sont pas des biens comme les autres, car ils sont absolument nécessaires à tous et que tous les agriculteurs ne sont pas seulement « des producteurs de biens alimentaires, mais aussi des citoyens responsables, soucieux de la qualité de leur environnement et de leurs produits ». (apic/com/mk)

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