Brésil: L’Eglise restera solidaire des Indiens, quoi qu’il arrive
Brasilia, 26 avril 2000 (APIC) «La répression n’a pas effacé le rêve d’une société brésilienne fière d’être multiethnique et multiculturelle», a déclaré à l’agence missionnaire Misna (Italie) Mgr Gianfranco Masserdotti, évêque de Balsas, dans l’Etat de Maranhão, arrêté durant quelques heures samedi alors qu’il participait à une marche d’Indiens vers la ville de Porto Seguro (Etat de Bahia).
Cette initiative était une occasion de manifester en faveur des populations autochtones de cette terre, dont les droits fondamentaux continuent à être niés, précise l’évêque, un Italien de 60 ans qui est arrivé au Brésil en 1972 et qui préside aujourd’hui le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI), un organisme lié à la Conférence nationale des évêques brésiliens.
Deux mille Indiens et de nombreux sympathisants, parmi lesquels des représentants du mouvement afro-brésilien, se dirigeaient vers Porto Seguro pour protester contre le gouvernement brésilien, accusé de répression contre les «Sans Terre» quand, à 14 km de la ville, des groupes d’assaut de la police militaire ont aveuglément lancé des gaz lacrymogènes et des projectiles de caoutchouc. Des lances à incendie ont également été utilisées pour disperser la foule.
«Soixante-cinq personnes ont été blessées, raconte l’évêque, et j’ai moi-même été arrêté, en compagnie d’une trentaine de religieux et d’une centaine de civils, pendant environ 4 heures. Il s’agit de faits graves à l’endroit de personnes manifestant pacifiquement pour revendiquer leurs droits à l’occasion du 500e anniversaire de la «découverte» du Brésil. Un anniversaire particulièrement contesté par les indigènes.
Le 26 avril était jour férié dans tout le Brésil. Une messe solennelle a été présidée à Coroa Vermelha par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, envoyé spécial de Jean Paul II. Des évêques venus de toute l’Amérique Latine se sont joints aux 400 évêques, 2’000 prêtres et 200’000 laïcs de tout le pays qui avaient rallié Coroa Vermelha pour la célébration du 5e centenaire de l’évangélisation du Brésil, à l’endroit même où le franciscain Henrique de Coimbra, chapelain de l’escadre de Pedro Alvares Cabral, célébra la première messe en terre brésilienne.
38e Assemblée plénière des évêques
Après cette messe solennelle, qui était le point d’orgue d’une journée de fête, se sont ouverts les travaux de la 38e Assemblée plénière de la Conférence nationale des évêques brésiliens (CNBB), qui se conclura le 3 mai prochain. «L’assemblée épiscopale, a précisé à Misna Mgr Masserdotti, sera l’occasion de s’interroger sur les 500 ans de l’évangélisation du Brésil, en remerciant le Seigneur pour le don de l’Evangile et en demandant pardon à Dieu pour les trahisons et les omissions de l’Eglise.
Les Indiens ont publié il y a quelques jours un document dans lequel ils demandent à nouveau, entre autres, aux autorités brésiliennes, la démarcation de toutes les terres indigènes du pays d’ici la fin de l’année, ainsi que l’approbation du Statut des peuples indigène, des requêtes que l’Eglise considère légitimes et nécessaires. (apic/cip/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/bresil-l-eglise-restera-solidaire-des-indiens-quoi-qu-il-arrive/