Brésil: Les missionnaires «sauvent les ’Sateré Maué’»

Une tribu en voie d’extinction retrouve l’espoir

Parintins, 28 avril 2000 (APIC) « Quand nous sommes arrivés en 1972, les « Sateré Maué  » étaient moins de 1’200. Ils ne voulaient plus avoir d’enfants, terrorisés qu’ils étaient par l’avenir, et les quelques enfants qui naissaient mouraient des maladies les plus banales. Ils sont aujourd’hui plus de 7’500, ils sont vaccinés, ils étudient, cultivent la terre, et ont retrouvé l’espoir « 

C’est la réponse donnée par un missionnaire face aux polémiques suscitées par les cérémonies du 500e anniversaire de l’évangélisation du Brésil. Le 18 avril s’est ouverte la « Conférence des 500 ans des populations indigènes « . Pour celles-ci, il faudra 500 autres années pour réparer les dommages causés aux populations autochtones et leur permettre de vivre dans des conditions meilleures que celles vécues sous la colonisation et l’extermination qui les a réduits de 5 à 6 millions à 330’000.

Le Père Enrico Uggé, missionnaire de l’Institut Pontifical des Missions Etrangères (PIME), vit depuis 28 ans dans l’Etat d’Amazonas, dans le nord-ouest du Brésil, et travaille dans le diocèse de Parintins. Il s’occupe des Indiens Sateré Maué.

« Je crois, explique-t-il à l’Agence romaine Fides, qu’il a pu y avoir des épisodes isolés de ce genre, mais, en général, il est indubitable que l’Eglise a contribué à sauver les populations indigènes de l’extermination, suite au contact direct avec les colonisateurs ».

Les « Indios », dit-il, ont un sens très fort du bien et du mal, et ils ne répondent jamais au mal par le mal. Ils ont leur longue sagesse diplomatique.

Dans quelles conditions se trouvaient les Sateré Maué quand vous les avez rencontrés? « Ils étaient réduis à un nombre inférieur à 1’200. Ils mouraient de la rougeole, de la coqueluche, de la tuberculose. C’était un peuple pauvre, abandonné, sans espérance. Ils ne voulaient plus avoir d’enfants, parce qu’ils avaient pris la voie d’un suicide lent et inconscient, par manque de perspectives d’avenir. Pour eux, l’avenir était un trou noir. Je me suis présenté comme simple prêtre, et ils savaient ce que cela voulait dire, avec l’intention d’aider leur promotion humaine et de leur permettre d’accéder à la propriété de pièces de terre cultivable ».

L’école? Un centre de réunion

Et de poursuivre en expliquant avoir construit de petites écoles dans les villages. « Nous avons formé plusieurs d’entre eux qui sont ensuite devenus des enseignants pour les autres. Il fallait faire entendre leurs besoins à l’administration. Nous nous sommes mis ensuite à cultiver ensemble ».

Que veut dire « évangéliser » dans ce contexte ? « Parler de l’amour de Jésus avec des gestes concrets, et puis inculturer le message. Pour cela, j’ai créé en 1989 une école avec un Centre agricole pour accueillir 40 élèves par an. Les parents me l’avaient demandé, car ils étaient préoccupés de voir leurs enfants aller étudier en dehors… Dans cette école, nous avons commencé aussi à recevoir leurs récits, leurs traditions. Mettre en valeur leur tradition a permis de leur rendre une conscience d’eux-mêmes à mettre en contact avec l’Evangile. Avec le temps, l’école est devenue le centre de réunions des catéchistes, l’élément qui a permis de répandre la pastorale par les indigènes eux-mêmes, et dont ils sont les protagonistes. A présent, les Sateré Maué sont plus de 7″500 : il y a trente ans, ils étaient voués à l’extinction. (apic/cip/fs/pr)

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