Brésil: A propos de la demande de pardon des évêques
São Paulo, 28 avril 2000 (APIC) Les évêques appartenant aux congrégations et ordres religieux ont joué un rôle de premier plan dans la rédaction du document de l’épiscopat brésilien pour la demande de pardon à l’occasion des 500 ans d’évangélisation du pays. Même si, a-t-on dit du côté du Brésil, certains passages de la demande de pardon avait été quelque peu édulcoré en raison des pressions du gouvernement et du Vatican.
Dans la commission qui a rédigé le texte figuraient entre autres le cardinal Aloisio Lorscheider, franciscain, et Mgr Luciano Mendes de Almeida, jésuite. Mais cela n’a pas suffi pour faire taire les critiques adressées à ce texte, qui reconnaît pourtant " les comportements ambigus et souvent immoraux " de l’Eglise envers les Indiens.
Dans l’Etat de Bahia, où eut lieu le premier débarquement portugais et la première messe célébrée le 26 avril 1500, les célébrations ont été marquées par les contestations des organisations ont pris la défense des Indiens. La tension était et reste très grande et le déploiement des forces de l’ordre considérable.
Mgr Tomas Balduino, dominicain, évêque émérite de Goias Velho et président de la Commission pastorale de la terre, un organisme lié à la Conférence épiscopale, a expliqué que le gouvernement " entend empêcher, en recourant à l’armée, l’alliance entre Indiens et paysans sans terre – à savoir ceux qui demandent la réforme agraire -, une alliance qui constitue en revanche un événement important pour toute la population brésilienne».
Concernant le document que s’apprêtent à publier les évêques, Mgr Pedro Casaldaliga, clarétin, évêque de São Felix do Araguaia, très connu par ses positions progressistes en faveur des droits de l’homme, est critique: " Pour moi, ce sera un document timide. Il est honnête de reconnaître les responsabilités de l’Eglise, mais il ne s’agira pas d’un acte de pénitence authentique». «
Bien avant l’arrivée des missionnaires
«Les Indiens habitent la terre brésilienne depuis 40’000 ans. Bien avant l’arrivée des colonisateurs portugais, il y a 500 ans «, a déclaré à l’agence missionnaire Misna (Italie) Mgr Gianfranco Masserdotti, président du Conseil Indigène Missionnaire (CIMI), à l’issue de la messe célébrée à Coroa Vermelha pour les 500 ans de l’évangélisation du Brésil. " `Les traditions et les cultures des populations autochtones, bien que non encore illuminées par la lecture de l’Evangile, avaient une valeur religieuse bien avant l’arrivée des missionnaires, une expression du Royaume de Dieu non encore pleinement manifestée. L’Annonce de la Parole de Dieu a cependant constitué un événement important pour cette terre bénie», a ajouté le prélat.
A l’occasion de cette messe présidée par le cardinal Sodano, les fidèles ont assisté à un témoignage émouvant, rapporte Mgr Masserdoti: au début de l’acte de pénitence, avant l’annonce de la Parole, un groupe d’Indiens s’est approché de l’autel en montrant un grand drap noir. L’un d’entre a rappelé les oppressions subies par les peuples indigènes lors de la conquête du territoire. «Une invitation à vivre la mémoire en adoptant une attitude de conversion et de vie nouvelle», commente en conclusion le président du CIMI. (apic/cip/pr)
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