Le Père Gallardo s’exprime à la radio

Philippines: prime pour l’élimination des rebelles

Basilan, 30 avril 2000 (APIC) L’armée philippine continue son offensive contre les rebelles musulmans du groupe Abu Sayyaf, qui retiennent depuis le 20 mars une trentaine d’otages sur le Mont Mahadji à Sumisip, sur l’île de Basilan, au sud-est de Mindanao. Selon le Père clarétin Rhoel Gallardo, l’un des otages, qui s’est exprimé à la radio, Il y a plus à craindre des militaires réguliers que des « de ceux qui nous retiennent prisonniers ».

Les militaires se dirigent vers le Mont Mahadji avec l’ordre de tirer sur les guérilleros qu’ils rencontreront sur leur passage. Le gouverneur de Basilan a même offert une prime pour tout membre d’Abu Sayyaf éliminé. L’argent de la prime est mis à disposition par les commerçants de la zone qui en ont assez des extorsions perpétuelles de la part des extrémistes.

Selon le Père clarétin Rhoel Gallardo, l’un des otages, qui s’est exprimé à la radio, les prisonniers sont littéralement terrorisés. « Ce sont les militaires réguliers qui provoquent les attaques, pas ceux qui nous retiennent prisonniers », a-t-il affirmé, selon l’agence missionnaire Misna (Italie). « Il semble que c’est la peur qui nous tuera, pas les bombardements », a-t-il ajouté, avant de conclure: « Le gouvernement doit obtenir la libération des otages par des négociations pacifiques, non des bombardements ». Les autorités philippines doutent de l’authenticité de ces affirmations. « Il est clair que les rebelles l’ont forcé à parler ainsi », a commenté un porte-parole du gouvernement provincial de Basilan. Mgr Romulo de la Cruz, évêque de la prélature d’Isabela, a déclaré le 24 avril que les familles des otages « s’en remettent à Dieu » et prient pour le succès des opérations menées par les militaires philippins.

Mgr Romulo de la Cruz, qui est vice-président du comité de gestion de crise mis en place pour coordonner les négociations avec les ravisseurs, a également déclaré qu’il ne pensait pas que deux des otages aient été décapités, comme le groupe islamiste l’a annoncé le 19 avril. Selon lui, les otages sont tous vivants et en bonne santé.

Depuis le début des opérations militaires, le 22 avril, une certaine confusion règne concernant la situation sur le terrain, dans l’île de Basilan. Le 22 au matin, un des otages a pu s’exprimer, par téléphone, sur une chaîne de télévision basée à Manille. « Nous tremblons de peur », a déclaré Lida Ajon, une des enseignantes prises en otage, tout en enjoignant aux militaires d’arrêter leurs opérations car ces dernières « mettent en danger la vie des otages ».

Au moins dix rebelles musulmans philippins ont été tués lors des combats, ont déclaré les militaires philippins. Le 25 avril, sur un îlot au large de l’île de Bornéo, dans l’Etat de Sabah, en Malaisie, un commando a pris en otages 21 personnes, dont dix touristes étrangers, et les a emmenés vers les Philippines. Le groupe Abu Sayyaf entretient la confusion sur son éventuelle responsabilité dans cet enlèvement mais, en tout état de cause, ce nouveau rebondissement intervient à point nommé pour le groupe séparatiste musulman. En internationalisant cette crise, le groupe Abu Sayyaf est certain d’attirer l’attention de la communauté internationale sur le dénouement de la prise d’otages à Basilan.(apic/mna/pr)

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