Voix discordantes

Rome: Demande de pardon de l’Eglise

Rome, 5 mars 2000 (APIC) A la veille de la publication à Rome – déjà présenté à Paris – du document intitulé « Mémoire et réconciliation: L’Eglise et les fautes du passé », des voix discordantes continuent de se faire entendre au sommet de l’Eglise sur l’opportunité d’une telle demande de pardon.

« Le mea culpa vivement souhaité par le pape est en train de susciter des réactions contraires également à l’intérieur de l’Eglise », rappelait récemment encore dans le quotidien « Il Giornale » Andrea Tornielli. La dernière, qualifiée de « bruyante » par le quotidien, est venue d’un ouvrage préparé par « quelques historiens de renom qui collaborent avec le Comité pontifical des sciences historiques, présidé par Mgr Walter Brandmüller, qui sont des spécialistes très bien cotés au Vatican ». L’ouvrage a été remis à la Congrégation pour la doctrine de la foi, et il exprime « une grande perplexité quant à la relecture de l’histoire soumise à la requête de pardon ».

Ses auteurs rappellent que « le péché le plus grave pour l’historien ’est celui de l’anachronisme ». Les signataires redoutent en effet que « les siècles passés soient revisités à la lumière de la mentalité moderne ». Pour l’évêque de Côme, Mgr Alessandro Maggiolini, il faut être « très prudents dans la requête de pardon pour les fautes du passé, car on finit par donner l’impression qu’en se convertissant au catholicisme on entre dans une bande de vauriens et non dans la communion des saints », explique-t-il dans une interview accompagnant l’article du « Giornale ».

En revanche, pour l’historien français Jean Delumeau, qui occupe la chaire des mentalités religieuses dans l’Occident moderne au Collège de France, il est souhaitable que l’Eglise exprime son repentir. « L’Eglise catholique, avec les autres confessions, doit entrer purifiée et pardonnée dans le nouveau millénaire, et pour cela ci une confession générale est nécessaire », dit-il. Delumeau considère aussi que, comme les Eglises chrétiennes, « et l’Eglise catholique en particulier », « d’autres institutions devraient elles aussi regarder leur passé et faire leur propre mea culpa ».

Le document « Mémoire et réconciliation: L’Eglise et les fautes du passé » est le fruit des travaux de la Commission Théologique Internationale présidée par le cardinal Joseph Ratzinger, qui en a confié la rédaction au théologien italien Bruno Forte. (apic/cip/pr)

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