Brésil: La Campagne de la Fraternité au service de la justice sociale
Sao Paulo, 6 mars 2000 (APIC) « La Campagne de la Fraternité » du Brésil, qui correspond en Suisse à l’Action de Carême, commencera le Mercredi des Cendres. Thème et slogans choisis: « Nouveau millénaire sans exclusions » et « Dignité humaine et paix ». Pour la première fois la campagne a un caractère pleinement œcuménique.
La Campagne de la Fraternité a été créée par l’Eglise catholique en 1964. Cette année, les Eglises anglicane, méthodiste, luthérienne, chrétienne réformée, presbytérienne unie et orthodoxe syrienne participent de plein pied à cette campagne durant tout le carême. Les sept Eglises font partie du Conseil national des Eglises chrétiennes (CONIC) fondé en 1982.
Le texte de base distribué aux paroisses et aux communautés chrétiennes est une sorte de radiographie réaliste des « exclus » de la vie que propose l’Evangile. On y trouve une vive dénonciation des injustices sociales, politiques et économiques qui blessent la dignité humaine et détruisent la paix sociale. Un exemple cité dans le document: « Au Brésil, le travail des enfants concerne 7,5 millions d’enfants et d’adolescents. Ce n’est pas manquer à la vérité, poursuit le texte, que d’affirmer que notre pays vit un état dangereux permanent de non-respect aux droits élémentaires de la personne, à savoir les salaires injustes, l’exploitation de la main-d’œuvre et la remise de notre économie aux mains des multinationales. Sans oublier la corruption politique et économique, souvent liée, et une croissante onde de violence, prostitution, vols, et assauts de bandes armées ».
L’injustice faite aux peuples indiens
A la lumière des 500 ans de la colonisation du Brésil, les Eglises dénoncent aussi les injustices faites aux Indiens. En Amazonie, où habitent le 60% des peuples indiens du Brésil, il existe de puissants cartels qui exploitent de façon illégale le bois et les minéraux dans les terres des Indiens. Une nouvelle piraterie moderne concerne aussi les substances tirées de plantes pour le développement de la santé. De « faux missionnaires » envoient vers l’extérieur ces substances à qui ils donnent des brevets, alors qu’elles sont souvent tirées des connaissances et les traditions médicinales des Indiens. Les Guarani-Kaowa ont été expulsés de leur terres par les grand propriétaires en décembre 1998. Durant 13 ans, il y eut 319 cas de suicides parmi les Guaranis du Mato Grosso du Sud. Une conséquence tragique du manque de terres et de conditions trop dures de travail.
Le document de la Campagne de la Fraternité traite aussi de la discrimination envers les Noirs et les femmes. Il censure le gouvernement brésilien qui ouvre de manière irresponsable au marché interne les produits étrangers. Forçant ainsi la production nationale à adopter des critères techniques de production des entreprises multinationales.
Des chiffres significatifs
Les Eglises chrétiennes du Brésil mettent aussi en avant les chiffres publiés par les Nations Unies en 1998. Dans le pays, le 20 % des plus riches contrôlent plus de 64 % du revenu national, tandis que les 20 % des plus pauvres doivent se contenter du 2,5% de ce même revenu.
La Campagne de la Fraternité ne se contente pas de dénoncer. Elle propose des engagements concrets aux fidèles des Eglises chrétiennes. Il s’agit de créer des groupes prêts à prendre en mains le sort des mineurs abandonnés, d’appuyer les syndicats existants et ceux qui luttent pour la réforme agraire. Il est aussi demandé aux Eglises de mettre leurs moyens de communication au service des causes populaires. (apic/plp/ba)
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