Mozambique: Mais où était donc la communauté internationale?, s’insurge un missionnaire
Maputo, 9 mars 2000 (APIC) « Les efforts entrepris par la communauté internationale pour aider le Mozambique sont bienvenus, mais où était-elle auparavant, cette communauté? » L’interpellation, qui en rejoint bien d’autres, vient du Père Venanzio Milani, qui se fait là l’interprète des Congrégations missionnaires présentes dans le pays.
« Derrière la course aux aides humanitaires, indispensables en ce moment, il y a toujours le soupçon d’une approche paternaliste du nord de la planète qui, quand elle ne les exploite pas, se désintéresse des pays du sud, pour ensuite déclencher un concours de solidarité dans des occasions comme celle-ci », déclare le Père Milani, vicaire général des missionnaires comboniens. »Il faut se rendre compte, explique le religieux italien, que bien des conséquences de la catastrophe étaient évitables. Il n’est pas surprenant, par exemple, que les voies de communication aient tout de suite été détruites, rendant difficiles, voire impossibles, les secours aux personnes résidant dans les zones les plus isolées. Les routes ne sont le plus souvent que des chemins de terre, les berges des fleuves sont fragiles, on ne doit pas s’étonner des conséquences dramatiques d’une catastrophe naturelle, aussi exceptionnelle soit-elle. On craint maintenant la rapide diffusion des épidémies, mais il s’agit d’un pays où le choléra est endémique car les égouts sont inexistants ».
Il est donc nécessaire qu’une fois l’urgence passée, la communauté internationale n’abandonne pas le Mozambique à son sort, comme cela arrive souvent dans des situations analogues. Une présence étrangère est nécessaire pour aider la reconstruction et pour permettre aux gens de reprendre leur vie en mains, avec dignité. « En somme, si l’absence n’était pas excusable hier, elle ne le sera pas davantage demain », conclut le missionnaire.
Missionnaires en première ligne
Une fois encore, les missionnaires sont en première ligne. De Maputo, les Filles de Marie Auxiliatrice signalent que des groupes de volontaires s’organisent et que les églises et les maisons et religieuses ont ouvert leurs portes pour accueillir les victimes de l’inondation. La situation dans la province de Gaza est « absolument dramatique », signale le Père Claudio Crimi dans un appel adressé à « Comboni Press ». Son confrère combonien Ottorino Poletto raconte que dans les districts de Buzi, Chibabava et Machanga, les récoltes ont été détruites, les villages dévastés, les communications interrompues.
Il ne manque pas de voix pour dénoncer la lenteur de la réaction internationale face à une telle tragédie, qui a peut-être été sous-estimée durant les premiers jours. Parmi ces voix, on relève celle du Père Pier Maria Mazzola, combonien de la revue « Nigrizia », qui se trouvait en visite au Mozambique moment où le cyclone a commencé de ravager le pays. (apic/cip/mna/pr)
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