Le pape verra des survivants juifs de sa ville natale de Wadowice

Terre Sainte: La venue du pape est très importante pour la réconciliation avec les juifs

Jérusalem/Rome, 14 mars 2000 (APIC) La visite du pape en Israël la semaine prochaine est «d’une toute première importance pour la réconciliation et le dialogue entre le peuple juif et l’Eglise catholique», estime Aharon Lopez, ambassadeur d’Israël au Vatican. Après le «mea culpa» du pape Jean Paul II dimanche – jugé trop vague et insuffisant par de nombreux milieux juifs dans le monde – en Israël en particulier on fait monter la pression pour que le pape fasse explicitement mention de l’Holocauste lors de sa visite au Musée de Yad Vashem.

Certes, on reconnaît à Jérusalem que le pape a demandé pardon àà Dieu dimanche dans la basilique St-Pierre pour les péchés commis par les catholiques à travers les âges, notamment envers les juifs, les femmes et les minorités. Mais les milieux juifs regrettent que l’on n’ait pas spécifié des événements historiques majeurs comme les croisades ou l’Holocauste, «dans lesquels on peut dire que l’Eglise a joué à tout le moins un rôle passif dans l’oppression des juifs».

Le pape sait que nous savons qu’il connaissait ce qui se passait…

Le professeur Shevach Weiss, président du Conseil international du mémorial de l’Holocauste à Yad Vashem, lui-même survivant du nazisme, a déclaré au quotidien «Ha’aretz» qu’en général, le discours du pape peut être qualifié de «très important». C’est certainement à ses yeux une grande avancée vers ce qui doit être fait. Il a noté l’usage du chandelier à sept branches. «C’est définitivement une claire antithèse de l’approche du pape Pies XII [accusé par les juifs de s’être tu pendant l’Holocauste]. Néanmoins, je m’atendais à ce que ce soit un discours beaucoup plus focalisé sur l’Holocauste. Le pape actuel est natif de Pologne, et dans sa jeunesse, il a été témoin des horreurs. Il sait ce qui s’est passé et il sait que nous savons qu’il sait».

Le Grand Rabbin Lau «profondément frustré»

Shevach Weiss exprime l’espoir que le pape mentionnera plus clairement l’Holocauste quand il visitera le mémorial de Yad Vashem lors de sa visite en Israël. Le Grand Rabbin ashkénaze d’Israël Meïr Lau a par contre exprimé sa déception que le pape n’a pas mentionné spécifiquement l’Holocauste, se disant même «profondément frustré». «Mentionner l’Inquisition de l’année 1492 et exclure la Conférence de Wannsee de 1942 [à l’occasion de laquelle fut planifiée la destruction des juifs européens] démontre une vue gravement faussée de l’histoire». Et le rabbin Lau d’ajouter espérer vivement que le pape «que j’apprécie beaucoup pour ce qu’il fait et pour sa condamnation de l’antisémitisme, complétera la demande de pardon la semaine prochaine à Yad Vashem».

Une trentaine de natifs de Wadowice vivent en Israël

Lors de sa visite à Yad Vashem, le 22 mars, le pape rencontrera des survivants juifs de sa ville natale de Wadowice, dans le sud de la Pologne. C’est le pape lui-même qui en a fait la demande, rapporte le quotidien israélien «Yediot Aharonot». Une trentaine de juifs originaires de Wadowice vivent en Israël. Notons que le Grand Rabbin Meïr Lau est également né en Pologne, dans une région proche de Cracovie, où Mgr Karol Wojtyla, le futur Jean Paul, II était archevêque. Le pape Jean Paul II a connu dans son enfance le grand-père de Meïr Lau, Rabino Frankel, et fréquenté les juifs de Cracovie. Son père l’a amené à la synagogue un jour de Yom Kippour pour écouter un fameux chanteur réciter le «Kol Nidre». Le pape raconte d’ailleurs dans l’un de ses livres ses expériences positives du judaïsme et des juifs. (apic/haar/cic/be)

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