Fribourg perd un théologien d’envergure internationale

Fribourg: Le Père dominicain Jean-Louis Bruguès nommé évêque d’Angers (Maine-et-Loire)

Fribourg/Paris/Rome, 20 mars 2000 (APIC) Avec la nomination lundi par le pape du Père Jean-Louis Bruguès, âgé de 56 ans, comme nouvel évêque d’Angers, en France, Fribourg et son Université perdent un théologien de renommé internationale. Jean Paul II a en effet désigné le 20 mars le professeur dominicain à la tête du diocèse d’Angers, chef-lieu du Maine-et-Loire. Il succède à Mgr Jean Orchampt, atteint par la limite d’âge (75 ans), dont le pape a accepté la démission. L’ordination épiscopale du professeur de Fribourg aura lieu le dimanche 30 avril à la cathédrale d’Angers.

Mgr Jean Orchampt continuera de gouverner le diocèse d’Angers, en qualité d’administrateur apostolique, jusqu’à la prise de possession canonique par son successeur. Quant au Père Bruguès, il a été surpris de cette nomination, qu’il a pourtant joyeusement acceptée «pour servir l’Eglise». Le professeur de théologie morale fondamentale de nationalité française, qui a succédé au Père Servais Pinckaers en septembre 1997, quittera dès le mois prochain Fribourg et l’enseignement «avec un pincement au cœur, car déjà les étudiants me manquent!»

Son séjour n’aura duré que deux ans et demi, mais lui laissera d’excellents souvenirs: «J’ai été très heureux à Fribourg, où j’ai passé une période absolument merveilleuse. J’aime cette ville dont les gens ont été très délicats avec moi. J’ai rencontré des conditions de travail à l’Université que je n’avais jamais vues dans le passé, ainsi qu’un désir d’apprendre et une grande gentillesse tant de la part des étudiants que des professeurs».

Regrettant de devoir partir si rapidement, au milieu de l’année académique, le futur évêque d’Angers reviendra faire passer les examens à ses étudiants, avec lesquels il se sent lié par un contrat moral: «Je ne peux pas les laisser tomber comme cela!» Mais dans le courant d’avril, il ne sera plus comme aujourd’hui présent les trois premiers jours de la semaine à l’Université de Fribourg.

Membre de la Commission théologique internationale et du Comité consultatif d’éthique

Devenu évêque diocésain, le Père Bruguès ne pourra pas rester au sein de la Commission théologique internationale à Rome, où il siège depuis 1986. Conformément au règlement, son mandat, qui s’achève en 2002, ne pourra être renouvelé. Situation inédite par contre au Comité consultatif national d’éthique français, où il a été nommé en 1998 par le Président de la République: Mgr Bruguès pourrait être le premier évêque en son sein. Le Père Bruguès en parlera aux autres évêques et aux membres du Comité avant d’arrêter sa décision.

Auteur d’un dictionnaire de morale catholique, d’un précis de théologie morale générale et de plusieurs publications dans le domaine de la bioéthique, de l’esthétique et de l’éthique de la sexualité, le Père Bruguès a vu son ouvrage «La fécondation artificielle au crible de l’éthique chrétienne» (Paris, Fayard, 1989) couronné par l’Académie des sciences morales et politiques. Le Père Bruguès, qui enseignait la théologie fondamentale à l’Institut catholique de Toulouse avant de venir à Fribourg, s’est également fait connaître par ses prédications de carême à Notre-Dame de Paris, où il a prêché à la demande du cardinal Jean-Marie Lustiger. Licencié en sciences économiques (Montpellier et Paris), diplômé d’Etudes supérieures en sciences politiques (Strasbourg), docteur en théologie (Toulouse), le Père Bruguès a également fait des études de philosophie et de bioéthique à l’Université de Berkeley. Il est entré dans l’Ordre des dominicains en 1968, fait sa profession solennelle en 1972, avant d’être ordonné prêtre en 1975. (apic/be)

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