Jean Paul II soutient le droit des Palestiniens à une patrie

Pour le ministre israélien Ben Ami: « Rien de neuf »

Dans son premier discours, très applaudi, dans les Territoires Palestiniens Autonomes, le pape a réaffirmé mercredi « le droit naturel des Palestiniens à une patrie, et le droit à vivre en paix et dans la tranquillité avec les autres peuples de cette zone ». Réagissant à ces propos du Souverain pontife, qui ne sont pas nouveaux, le ministre israélien de la Sécurité intérieure Shlomo Ben Ami ne s’est pas montré surpris outre mesure: « Il n’y a rien de nouveau dans sa déclaration. Puis-je vous rappeler qu’en 1977, le président Jimmy Carter avait déjà utilisé l’expression ’homeland’ (patrie) pour parler des droits des Palestiniens ».

Le ministre israélien a déclaré devant les journalistes réunis à Jérusalem que « ce qui est bon pour le président américain est bon pour nous. Je ne vois pas de contradiction entre ce qu’il déclare et ce que nous négocions dans le processus de paix ». Ainsi le gouvernement israélien, qui a accusé à plusieurs reprises les Palestiniens de vouloir « politiser » la visite de Jean Paul II et a toujours mis en avant la dimension religieuse et non politique de la visite du Souverain pontife, est obligé de faire contre mauvaise fortune bon cœur: « Nous savions qu’en dépit de son aspect religieux, la visite du pape aurait aussi une dimension politique », a-t-il admis. Quant à l’insistance du pape sur les « souffrances des Palestiniens », Shlomo Ben Ami voit la question sous l’angle humanitaire: « Je suppose que lorsque le pape visitera le mémorial Yad Vashem consacré au souvenir de la Shoah, il parlera aussi des souffrances des Juifs ».

Le rôle du pape dans la lutte contre l’antisémitisme

Le président israélien Ezer Weizman, accueillant la veille le pape en hébreu à sa descente d’avion, avait d’ailleurs d’emblée évoqué la « terrible Shoah » comme ayant anéanti un tiers du peuple juif après des siècles d’exil et les « persécutions religieuses et antisémites ». « Nous avons apprécié votre contribution à la condamnation de l’antisémitisme comme péché contre le ciel et l’humanité », a-t-il lancé à Jean Paul II, « ainsi que votre demande de pardon pour les actions commises dans le passé contre les juifs par des membres de l’Eglise ».

Le président Weizman a encore déclaré apprécier que l’enseignement catholique reconnaisse ses racines juives. Il a par ailleurs présenté l’Etat d’Israël comme le « centre spirituel du peuple juif dans lequel vivent ensemble dans la paix et la sérénité juifs, musulmans, chrétiens et croyants d’autres fois ». « Il est important que les fils et les filles de l’Eglise connaissent aussi la réalité de l’Israël moderne », a-t-il souligné.

Evoquant ensuite indirectement les négociations actuelles entre Israël et les Palestiniens, et le redéploiement de troupes israéliennes dans certaines parties de la Cisjordanie, le président a décrit le processus de paix actuel comme « encourageant et impressionnant ». « Nous désirons cette paix, nous en rêvons, et nous prions pour cela », a-t-il assuré. Enfin, Ezer Weizman a décrit la ville de Jérusalem comme « le cœur du peuple d’Israël de toutes les générations et la source de notre force spirituelle ». Tout en en parlant comme de la « capitale de l’Etat d’Israël », il l’a toutefois décrite également comme un « lieu sacré du christianisme et de l’Islam ». (apic/imed/be)

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