Jean Paul II sur les pas de Jésus au bord du Lac de Tibériade

Visite de Jean Paul II en Terre Sainte

Le pape aux jeunes: soyez de courageux apôtres du Royaume !

De notre envoyée spéciale Caroline Boüan

Korazim/Mont des Béatitudes, 24 mars 2000 (APIC) Près de 100’000 fidèles et pèlerins ont bravé vendredi la pluie, la boue et le froid pour assister à la messe présidée par Jean Paul II au bord du Lac de Tibériade, l’un des hauts lieux du christianisme. Dédiée aux jeunes, cette célébration au pied du Mont des Béatitudes, la colline qui domine Tabgha et Capharnaüm, où le Christ prononça le Sermon sur la Montagne est, au plan pastoral, l’un des points culminants de la visite du pape en Israël.

Dans son propre «Sermon sur la Montagne», le pape a confié aux jeunes la mission d’aller dans le monde comme des apôtres courageux prêcher l’Evangile. Les mauvaises conditions atmosphériques empêchant l’hélicoptère du pape de décoller à Jérusalem, ont retardé d’une heure le début de la cérémonie, mais n’ont pas rebuté les pèlerins venus du monde entier.

Des dizaines de milliers de pèlerins, dont beaucoup agitaient des drapeaux jaune et blanc du Vatican et chantaient des hymnes accompagnés à la guitare, ont convergé au pied du Mont des Béatitudes. On notait une forte présence de jeunes des communautés du Chemin néo-catéchuménal accompagnant le fondateur espagnol du mouvement Kiko Arguello, qui construisent justement sur cette colline une «Domus Galilaeae», destiné à devenir un grand centre de formation et d’exercices spirituels, pouvant accueillir jusqu’à 200 prêtres et séminaristes.

Une répétition générale des JMJ

D’autres contingents de jeunes venant du Moyen-Orient, Libanais de la zone occupée par Israël et Palestiniens, côtoyaient des Italiens (17’000 avaient fait le voyage), des Espagnols (quelque 9’000), 10’000 jeunes venus d’Amérique, 1’700 d’Asie et 200 d’Australie, ainsi que des Norvégiens, des Mexicains, des Polonais. Souvent membres de mouvements comme les Focolari, Communion et Libération, l’Opus Dei, mais aussi des mouvements paroissiaux et diocésains, ils étaient rassemblés dans une espèce de répétition générale des prochaines JMJ, les Journées Mondiales de la Jeunesse qui se tiendront en août prochain à Rome dans le cadre du Grand Jubilé. Les nombreux drapeaux et banderoles permettaient de reconnaître la provenance des groupes.

Dans la foule transie de froid mais joyeuse, de nombreux chrétiens palestiniens venus d’Israël, de Jérusalem, et des Territoires Autonomes Palestiniens. Mais parmi ces derniers, seuls 5’000 d’entre eux avaient reçu des permis pour voyager en Israël pour venir assister à l’événement. Etaient également présents sur l’estrade de 1’250 mètres carrés où le pape a présidé la messe de nombreux hôtes de marques musulmans, druzes, chrétiens et juifs. Pour ce plus grand rassemblement chrétien qu’ait jamais connu Israël, il était symbolique de voir flotter côte à côte des drapeaux palestiniens, israéliens et libanais, faisant pressentir à la foule que la paix est possible au Moyen-Orient.

La nuit sous tente, malgré le froid

Beaucoup de jeunes et des moins jeunes avaient passé la nuit sous tente, malgré le froid, pour être aux premières loges de cet événement sans précédent en Israël, destiné à marquer le Grand Jubilé en Terre Sainte et le pèlerinage de Jean Paul II sur les pays du Christ. Célébrée à l’intention des jeunes, en présence de quelque trois cents cardinaux, archevêques et évêques, elle se déroule non loin du site où selon la tradition chrétienne Jésus a réalisé le miracle de la multiplication des pains et des poissons et a marché sur les eaux.

Le pape a été accueilli par une vague de joyeux «John Paul II, we love you», «Viva il Papa», lorsqu’il est arrivé dans sa «papamobile» blindée, après son voyage en hélicoptère dont le départ avait dû être déplacé de Jérusalem à l’aéroport de Ben Gourion. A son arrivée en hélicoptère près du village tout proche de Korazim, le pape, avant de rejoindre le site de la messe à 500 mètres de là, s’est arrêté quelques instants pour bénir la construction de la «Domus Galilaeae» du Chemin néo-catéchuménal. C’est ensuite sur un podium recouvert d’une large tente noire haute de 15 mètres ­ l’image de la tente voulant rappeler à la fois l’exode des Hébreux au désert et le pèlerinage que représente pour le chrétien la vie sur la terre – que Jean Paul II a été accueilli avec enthousiasme par cette foule internationale de jeunes, sous un ciel assez gris, mais éclairé parfois de quelques rayons de soleil.

«Il est merveilleux que vous soyez ici !»

«Il est merveilleux que vous soyez ici !», s’est exclamé Jean Paul II à l’ouverture de la messe. Evoquant le «Sermon sur la Montagne» de l’Evangile où le Christ affirme «bienheureux les pauvres en esprit, bienheureux les doux, les miséricordieux», le pape a souligné combien ces paroles «peuvent sembler étranges» et comment elles «lancent un défi» qui demande «une grande conversion du cœur».

«Vous les jeunes, vous comprendrez pourquoi ce changement du cœur est nécessaire !» s’est exclamé le pape qui parlait avec force en accentuant chacun de ces mots. «Vous êtes conscients en effet qu’il y a une autre voix ­ à l’intérieur et autour de vous – qui est contradictoire, une voix qui dit ’heureux les orgueilleux et les violents’ (…) ’heureux ceux qui sont sans pitié’, ’heureux ceux qui font la guerre’ (…)».

«Jésus offre un message très différent», a poursuivi Jean Paul II. «Et surtout il ne se contente pas de proclamer les béatitudes. Il les vit. Il est lui-même les béatitudes». «Quelle voix suivront les jeunes du XXIème siècle», a alors demandé le pape. «’Etre de bons chrétiens peut sembler une entreprise au dessus de vos forces», a-t-il admis. «Mais Jésus ne reste pas à vous regarder en vous laissant seuls pour affronter un tel défi. Il est toujours avec vous pour transformer votre faiblesse en force».

«Aujourd’hui, c’est à vous d’aller annoncer au monde le message des dix commandements et des béatitudes !», a finalement lancé le Souverain pontife. «Les dix commandements et les béatitudes parlent de vérité et de bonté, de grâce et de liberté, de ce qui est nécessaire pour entrer dans le royaume du Christ. C’est à vous aujourd’hui d’être de courageux apôtres de ce royaume».

A l’issue de cette cérémonie, le pape a parcouru trois kilomètres en papamobile pour se rendre dans un sanctuaire franciscain, toujours sur le Mont des béatitudes. C’est là qu’il devait ensuite, après y avoir déjeuné, recevoir en privé le Premier Ministre israélien Ehoud Barak. (apic/imed/jpost/fides/be)

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