Non au népotisme et à la corruption de hauts fonctionnaires

Nigeria : Les évêques relancent le dialogue avec l’Islam

Ikeja, 27 mars 2000 (APIC) «Notre opposition à la loi de la charia au Nigeria ne diminue en rien notre respect pour l’Islam et ses adeptes». C’est ce que soulignent les évêques du Nigeria dans le document publié à l’issue de leur dernière réunion tenue dernièrement à Ikeja. Ils s’en prennent en outre au scandaleux train de vie de hauts fonctionnaires.

Les évêques, qui ont élu à cette occasion Mgr John Onaiyekan, archevêque d’Abuja, nouveau président de la Conférence épiscopale, ont abordé les derniers heurts ethnico-religieux causés par la révolte de l’introduction de la charia dans certains Etats. Des émeutes qui ont causé plus d’un millier de morts. Ils réaffirment leur refus de la vengeance et invitent les adversaires à prêcher plutôt le pardon, même si «l’autodéfense face à d’injustes agressions physiques peut être admise».

Disant vouloir continuer à promouvoir les bons rapports existants entre chrétiens et musulmans au Nigeria, les évêques réaffirment le besoin de musulmans et de chrétiens capables de soutenir ensemble le «courage interreligieux». Ils soulignent cependant que les accrochages entre les groupes religieux qui abusent de leur foi ne sont pas «une guerre de religion». Cependant, ils demandent au gouvernement de ne pas favoriser une religion au détriment des autres, surtout en ce qui concerne la construction de lieux de culte, l’éducation religieuse dans les écoles, l’accès aux médias et les pèlerinages.

«Une minorité se complaît dans une abondance scandaleuse»

Les évêques dénoncent aussi la corruption et le népotisme, qui empêchent les jeunes de bâtir leur avenir : «Au Nigeria, ce qui compte, semble-t-il, ce n’est pas son travail quotidien, mais de demander des faveurs à celui qui se trouve haut placé, souvent un proche de sa famille», écrivent-ils. Ils constatent aussi que le fossé entre riches et pauvres continue de se creuser : «Tandis que les employés et les enseignants ont des salaires modestes arrivant toujours en retard, les hauts fonctionnaires n’hésitent pas à se doter de salaires exorbitants et d’autres privilèges. Alors que la majorité des Nigérians ont faim, une minorité se complaît dans une abondance scandaleuse». (apic/cip/ba)

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