Désavoué par la Conférence épiscopale

Pérou : L’archevêque de Lima se taira désormais sur les élections présidentielles

Lima, 28 mars 2000 APIC) L’archevêque de Lima, Mgr Juan Luis Cipriani, a annoncé qu’il ne fera plus de déclarations sur le processus électoral en cours au Pérou, pas même à titre personnel. Le primat de l’Eglise catholique péruvienne a pris cette décision suite aux critiques qui lui ont été adressées, y compris de la part des dirigeants de la Conférence épiscopale péruvienne (CEP) et du cardinal Augusto Vargas Alzamora, après une mise en garde qu’il a adressée aux observateurs internationaux qui suivent le déroulement des élections qui auront lieu le 9 avril prochain.

Mgr Cipriani, dont l’amitié avec le président Alberto Fujimori est connue de tous, a durement critiqué, il y a deux semaines, les observateurs internationaux qui ont signalé le manque de transparence et le manque de respect des normes démocratiques dans le processus électoral.

Selon Mgr Cipriani, les observateurs du Centre Carter et de l’Institut national Démocratique des Etats-Unis, de l’Organisation des Etats Américains (OEA) et de l’Union Européenne, qui ont formulé de graves réserves concernant le processus électoral, «prétendent déterminer un mode de vie et l’imposer au monde entier. Ils sont venus au Pérou pour «organiser un carnaval», a-t-il encore déclaré.

Mgr Luis Bambaren, évêque de Chimbote et président de la Conférence épiscopale, a réagi en faisant savoir que l’Eglise soutenait les observateurs internationaux. Ils sont venus pour avoir été invités par le gouvernement et «il est lamentable qu’à présent on les critique», a-t-il réagi.

Mgr Cipriani a déclaré le 24 mars «qu’il faut de la force intérieure pour savoir taire ses opinions personnelles sur un thème tel que celui-ci «.

Mgr Cipriani, 56 ans, a été nommé sur le siège de Lima en janvier 1999 pour succéder au cardinal Vargas Alzamora. Ancien vicaire de l’Opus Dei pour le Pérou, l’archevêque de Lima avait été évêque auxiliaire (1988), administrateur apostolique (1991), puis archevêque d’Ayacucho (1995). Proche du président Fujimori, il a joué un rôle controversé comme négociateur lors de la prise d’otage à la résidence de l’ambassadeur du Japon à Lima (1996-1997), qui s’acheva dans le sang, avec la mort de trois otages et des quatorze membres du commando du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru. Le prélat a été soupçonné d’avoir fourni aux forces de sécurité les indications nécessaires pour de donner l’assaut. (apic/cip/ba)

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