Un retour aux racines de la foi et de l’Eglise

Rome: Le pape Jean Paul II dresse un bilan positif de son pèlerinage en Terre Sainte

Rome, 29 mars 2000 (APIC) Le pape a dressé mercredi un bilan positif de son pèlerinage en Terre Sainte, trois jours après son retour de Jérusalem. «La joie et la reconnaissance que j’ai dans mon âme pour ce don du Seigneur que j’avais tant désiré sont inexprimables.» C’est en ces termes très forts que Jean Paul II a commenté à l’audience générale du mercredi, place Saint-Pierre, ce voyage qualifié de «retour aux origines» et aux racines de la foi et de l’Eglise.

Malgré les fatigues causées par cette visite aux moments très intenses, le pape est apparu reposé aux quelque 60’000 pèlerins qui l’attendaient impatiemment sur la place. Il a repris une à une chacune des étapes du pèlerinage – le plus important de son pontificat selon la plupart des commentateurs – qu’il a parcourues du 20 au 26 mars, depuis son passage au Mont Nebo, lorsqu’il a contemplé la vallée du Jourdain et le désert de Judée comme l’avait fait Moïse avant de mourir.

«En un certain sens, j’ai commencé mon itinéraire précisément par ce regard de Moïse, en en ressentant la signification intime, qui franchit les siècles et les millénaires», a-t-il affirmé. «La figure de Jean-Baptiste m’a introduit sur les traces du Christ», a poursuivi le pape, qui a rappelé la messe solennelle célébrée en son honneur à Amman le 21 mars, pour une communauté chrétienne «riche de ferveur religieuse et bien insérée dans le contexte social du pays».

A Bethléem, un Dieu qui s’est fait exilé et réfugié

Jean Paul II a évoqué ensuite Bethléem, «centre de l’attention du monde chrétien en cette année 2000». «Avec émotion (…), a-t-il expliqué, je me suis agenouillé dans la grotte de la Nativité, où j’ai senti spirituellement présente toute l’Eglise, tous les pauvres du monde, au milieu desquels Dieu a voulu planter sa tente, un Dieu qui, pour nous reconduire chez lui, s’est fait exilé et réfugié.» Cette pensée, relève-t-il, l’a accompagné pendant qu’il visitait à Bethléem, avant de quitter Territoires Autonomes Palestiniens, un des nombreux camps, où depuis trop longtemps, vivent plus de trois millions de réfugiés palestiniens. «Puisse l’engagement de tous permettre de trouver enfin des solutions à ce douloureux problème.»

Jérusalem, sommet du pèlerinage

«Le souvenir de Jérusalem est indélébile dans mon esprit, a poursuivi Jean Paul II. Le mystère de cette ville est grand… Jérusalem a en effet abrité l’événement central et culminant de l’histoire du salut : le mystère pascal du Christ.» «Les pierres de Jérusalem sont les témoins muets et éloquents de ce mystère», a expliqué le pape, en évoquant le Cénacle, le rocher de Gethsémani, et surtout le rocher du Calvaire et la tombe du Saint Sépulcre.»

Dimanche dernier, jour du Seigneur, a-t-il dit, «j’ai renouvelé précisément là l’annonce du salut qui traverse les siècles et les millénaires: le Christ est ressuscité ! C’est à ce moment-là que mon pèlerinage a atteint son sommet. C’est pourquoi j’ai ressenti le besoin de retourner prier dans l’après-midi sur le Calvaire, là où le Christ a versé son sang pour l’humanité.»

Jean Paul II a mentionné par ailleurs ses entretiens avec les deux Grands rabbins d’Israël et avec le grand mufti de Jérusalem et de Terre Sainte, ainsi que la rencontre interreligieuse au cours de laquelle sont apparues particulièrement clairement les tensions concernant le statut de Jérusalem. «Malgré les grandes difficultés qu’elle traverse, Jérusalem est appelée à devenir le symbole de la paix parmi tous ceux qui croient dans le Dieu d’Abraham et se soumettent à sa loi, a affirmé le pape. Puissent les hommes hâter l’accomplissement de ce dessein !»

A propos de son passage à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, le pape a déclaré: «J’ai rendu hommage aux millions de juifs victimes du nazisme. Encore une fois, j’ai exprimé une profonde douleur pour cette tragédie terrifiante et j’ai réaffirmé que nous voulons nous souvenir, pour nous engager ensemble, juifs, chrétiens et tous les hommes de bonne volonté, à vaincre le mal par le bien, pour avancer ensemble sur le chemin de la paix.» En revanche, le Souverain pontife n’a fait aucun commentaire sur le geste qu’il a accompli le dernier jour de son voyage, devant le mur des Lamentations de Jérusalem.

Un pas important vers l’unité des chrétiens

A la rencontre oecuménique au patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, le pape a dit avoir éprouvé une «grande joie» de pouvoir s’entretenir avec les patriarches grec-orthodoxe et arménien de Jérusalem, «un pas important dans le chemin vers la pleine unité des chrétiens». «Je vous invite tous, a-t-il ajouté, à prier pour que le processus d’entente et de collaboration entre les chrétiens des différentes Eglises se consolide et se développe.»

Jean Paul II a ensuite parlé de la messe qu’il a célébrée pour les jeunes sur le Mont des Béatitudes en Galilée comme d’un «moment chargé d’espérance». «En proclamant et en remettant aux jeunes les commandements de Dieu et les Béatitudes, j’ai vu en eux l’avenir de l’Eglise et du monde», a-t-il affirmé. Et, évoquant ses différentes visites effectuées dans des sanctuaires proches du lac de Tibériade, le pape s’est exclamé: «Galilée ! Patrie de Marie et des premiers disciples, patrie de l’Eglise missionnaire parmi les nations ! Je pense que Pierre l’a toujours eue dans son cœur. Et c’est aussi le cas de son successeur !» Enfin, Jean Paul II a évoqué le moment où il est allé s’agenouiller dans la grotte de l’Annonciation à Nazareth. «Là où Dieu s’est fait homme, l’homme retrouve sa dignité et sa vocation la plus haute», a-t-il encore expliqué.

Pour une paix juste au Proche Orient

Au cours de cette audience, le pape a tenu à remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite de son pèlerinage, à commencer par le patriarcat latin de Jérusalem, les évêques des différentes Eglises catholiques de Terre Sainte et les franciscains de la Custodie. «Je remercie vivement les autorités jordaniennes, israéliennes et palestiniennes qui m’ont accueilli et qui ont favorisé mon itinéraire religieux, a-t-il ajouté. J’ai apprécié les efforts qu’ils ont faits pour la bonne réussite du voyage, et je leur ai renouvelé l’assurance de la sollicitude du Saint-Siège pour une paix juste parmi tous les peuples de la région… Je suis reconnaissant aux populations de ces terres pour la grande cordialité qu’ils m’ont réservée.»

«Pendant que j’exprime encore au Seigneur ma gratitude pour cette expérience inoubliable, a conclu Jean-Paul II, je lui demande avec une humble confiance qu’il porte des fruits abondants pour le bien de l’Eglise et de l’humanité.» (apic/cip/imed/kna/be)

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