Rome: Lettre du pape aux prêtres pour le Jeudi Saint.

«Je vous écris du Cénacle à Jérusalem…»

Rome, 30 mars 2000 (APIC) Cette année, Jean Paul II a choisi de centrer sa traditionnelle «lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint» sur le lieu du Cénacle à Jérusalem, en rappelant que c’est là que le Christ a institué l’Eucharistie quelques heures avant d’être crucifié.

Publiée le 30 mars, c’est le matin du 23 mars que le pape a signé solennellement cette lettre à Jérusalem, alors qu’il venait précisément de célébrer une messe privée dans la chapelle du Cénacle.

«Je vous écris du Cénacle, confie-t-il aux prêtres, en repensant à ce qui s’est passé dans ces murs, en cette soirée pleine de mystère. Jésus se présente à mon esprit, de même que s’y présentent les apôtres, assis à table avec lui. Je me fixe en particulier sur Pierre : il me semble le voir, tandis que, avec les autres disciples, il observe, tout étonné, les gestes du Seigneur. Il écoute, tout ému, ses paroles. Il s’ouvre, malgré le poids de sa fragilité, au mystère qui s’annonce en ce lieu et qui bientôt s’accomplira».

«Presque deux mille ans se sont écoulés depuis ce moment, souligne Jean Paul II Combien de prêtres ont répété ce geste ! Bien souvent, ils ont été des disciples exemplaires, saints, martyrs». «Leur martyre accompagne toute l’histoire de l’Eglise, et il marque aussi le siècle que nous venons de laisser derrière nous, caractérisé par divers régimes dictatoriaux et hostiles à l’Eglise. Du Cénacle, je veux remercier le Seigneur pour leur courage».

«Il est vrai que, dans l’histoire du sacerdoce comme dans celle de tout le peuple de Dieu, on sent aussi la présence obscure du péché, reconnaît le pape. Bien souvent, la fragilité humaine des ministres a obscurci en eux le visage du Christ. Comment s’en étonner, précisément ici au Cénacle ? Ici, non seulement s’est consommée la trahison de Judas, mais Pierre lui-même a dû prendre conscience de sa faiblesse en recevant l’amère prophétie du reniement».

«Le Christ ne se faisait pas d’illusion»

«Certes, en choisissant des hommes comme les Douze, le Christ ne se faisait pas d’illusion», remarque alors Jean Paul II. C’est sur cette faiblesse humaine qu’il posa le sceau sacramentel de sa présence. C’est pourquoi, malgré toutes les fragilités de ses prêtres, le peuple de Dieu a continué à croire en la force du Christ qui agit par leur ministère».

«De cette salle sainte, je vous imagine spontanément dans les parties les plus diverses du monde, écrit encore le pape, avec vos mille visages, les plus jeunes comme les plus âgés, dans vos différents états d’âme, reflétant pour beaucoup, grâce à Dieu, la joie et l’enthousiasme ; pour d’autres, peut-être, la souffrance, la lassitude, le désarroi».

Jean Paul II lance alors à tous une invitation. «Célébrons toujours avec ferveur la sainte Eucharistie. Restons souvent et longuement en adoration devant le Christ Eucharistique. Nombreux sont les prêtres qui, au cours des siècles, ont trouvé en elle le réconfort promis par Jésus le soir de la dernière Cène, le secret pour vaincre leur solitude, le soutien pour supporter leurs souffrances, l’aliment pour reprendre le chemin après chaque découragement, l’énergie intérieure pour confirmer leur choix de la fidélité. Le témoignage que nous saurons donner au peuple de Dieu dans la célébration eucharistique dépend beaucoup de notre rapport personnel avec l’Eucharistie».

Jean Paul II évoque enfin dans sa lettre le Congrès eucharistique international qui se tiendra à Rome du 18 au 25 juin 2000 comme un événement central du grand Jubilé. «Du Cénacle, je vous donne le baiser eucharistique, conclut-il. Que l’image du Christ entouré des siens lors de la dernière Cène donne à chacun de nous un élan de fraternité et de communion !» (apic/imed/ba)

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