Belgique: Fin de la campagne administrative sur la régularisation des sans-papiers
Bruxelles, 2 février 2000 (APIC) La campagne de régularisation des sans-papiers a pris fin en Belgique. Administrativement du moins. En 20 jours, des milliers de formulaires de demandes de régularisation ont certes été déposés. Mais le problème est loin d’être résolu sur le terrain, estime Caritas Secours International (CSI) à Bruxelles. Qui pose de nouvelles questions.
Que vont devenir les personnes qui n’ont pas eu le temps ou qui n’ont pas osé entreprendre les démarches auprès des administrations communales? Comment ces personnes seront-elles traitées? Comment les dossiers introduits seront-ils traités?, s’interroge CSI.
Une semaine avant la clôture de cette campagne, le 30 janvier, CSI avait déjà fait état de multiples problèmes liés aux formalités comme l’interprétation de la loi, l’accompagnement des demandeurs de régularisation, l’explicitation des procédures, le repérage des astuces administratives, les conséquences d’une demande.
Sans s’attarder sur ces difficultés, Caritas constate qu’il reste aujourd’hui « beaucoup à faire ». Plusieurs dossiers, en effet, restent à compléter. Les intéressés disposent désormais de quatre semaines pour réunir les pièces justificatives destinées à appuyer leur demande. Le service social de CSI se remet donc à l’ouvrage pour porter assistance à tous ceux qui en ont besoin.
Pour les assistants sociaux de CSI, l’hésitation de certaines personnes en séjour illégal est due à la crainte de se voir expulsées s’ils se manifestent au grand jour. Pour d’autres, la méconnaissance de la démarche, les rumeurs et les fausses informations leur ont fait rater cette chance.
Interrogations sur les suite
A présent, Caritas se préoccupe des suites qui seront réservées aux dossiers introduits à cause des échos inquiétants, qui lui font penser que « de nombreux points essentiels restent incertains quant au traitement et au suivi des dossiers ».
Ainsi, les Chambres de la Commission de régularisation ne sont pas encore constituées. Seul le secrétariat de la Commission est en activité et s’occupe notamment de l’encodage des dossiers.
CSI se demande comment les intéressées vont survivre en attendant la réponse à la demande de régularisation. En effet, considérées comme étant en séjour illégal, « ces personnes n’ont pas droit à une vie conforme à la dignité humaine », souligne l’organisation belge, « une allocation de survie aux personnes indigentes qui ont répondu à l’initiative de cette campagne de régularisation ».
Pour ceux dont les demandes de régularisations auraient été rejetées, CSI espère au moins que « ces personnes seront expulsées avec l’assistance nécessaire et dans le respect dû à leur dignité humaine! » Pour les personnes qui vont obtenir une régularisation, « dès à présent », insiste le Service social de CSI, « il faut envisager les moyens qui assureront la prise en charge et une bonne intégration sociale ». (apic/com/mk/pr)
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