France: La création de postes d’enseignement religieux dans l’école publique critiquée
Paris, 8 février 2000 (APIC) La création, pour la première fois dans l’enseignement public français, de postes d’enseignement religieux, provoque la grogne des héritiers de l’école laïque de Jules Ferry. La décision préoccupe le principal syndicat national des enseignements de second degré (SNES-FSU), et plus encore les partisans de la laïcité, qui y voient une violation de la liberté de conscience.
Le ministre socialiste Claude Allègre ose faire ce que même François Bayrou, un ministre de droite (traditionnellement plus proche des thèses catholiques), avait une fois envisagé mais renoncé à faire, déplorent les opposants à cette création de postes. Pour la première fois depuis la création de l’école publique, lancent-ils, « l’enseignement religieux a droit de cité et grâce à un gouvernement de gauche! ».
Dans la liste des 1’325 postes ouverts cette année au concours s’adressant exclusivement aux maîtres auxiliaires, 35 postes concernent l’enseignement religieux catholique et 8 l’enseignement religieux protestant. Réseau de surveillance des atteintes à la laïcité, le mouvement « ProChoix » s’interroge publiquement sur ce que l’enseignement religieux vient faire dans l’enseignement laïc français.
En fait, ces postes, dont le concours est ouvert au plan national, ne concernent que les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin (Alsace) et de la Moselle, qui connaissent encore le régime concordataire de 1801 (signé par le pape Pie VII et Napoléon Bonaparte, il a été abrogé partout ailleurs en France par la loi Combes sur la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905), où l’enseignement religieux est obligatoire dans l’enseignement public. Du point de vue du SNES, « l’enseignement religieux obligatoire est non seulement une violation de la liberté de conscience mais même une interprétation abusive du Concordat ». (apic/com/theo/be)
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