Allemagne:Nouvelle donne pour les centres catholiques de consultation préavortement
Cologne, 8 février 2000 (APIC) Nouvelle donne pour les centres catholiques de consultation préavortement en Allemagne: le service social de la Ligue des femmes catholiques allemandes (SkF) renonce à poursuivre son activité de conseil aux femmes désirant avorter dans le cadre de la législation étatique.
Le SkF se plie ainsi à l’injonction des évêques allemands de ne plus émettre de certificat de consultation, comme l’avait exigé le pape Jean Paul II l’an dernier. Ces certificats permettent, aux termes de la législation allemande, un avortement dépénalisé.
L’association catholique ne voit plus aucune chance de poursuivre ses activités de conseil aux femmes en situation de conflit dans le cadre du système étatique allemand. Il n’y a à l’évidence, aux yeux du SkF, plus aucune perspective d’espérer de la part des évêques qu’ils tolèrent ou respectent les activités menées jusqu’ici par les centres de consultation des femmes catholiques, a déclaré le comité central de l’association à l’issue de sa séance de mardi à Cologne.
Le SkF reproche aux évêques allemands de ne pas avoir suffisamment étudié les arguments des conseillères engagées sur le terrain. Il s’agit à présent de trouver un profil convaincant et de définir une nouvelle orientation du système général des centres consultation ecclésiaux pour femmes en difficultés. Pour ce faire, il faut trouver les moyens financiers et le personnel nécessaires.
La décision des femmes catholiques allemandes fait suite à une lettre du président de la Conférence des évêques allemands, Mgr Karl Lehmann, et au différend qui a opposé le SkF et Mgr Johannes Joachim Degenhardt, archevêque de Paderborn. Mgr Lehmann a déclaré à la mi-janvier que « pour tous ceux qui œuvrent dans le domaine de l’Eglise et qui y sont enracinés », il n’était pas réaliste de poursuivre purement et simplement les activités de conseil en délivrant des certificats donnant accès à un avortement dépénalisé.
Menaces de sanctions
L’évêque de Mayence a demandé au SkF « en tant qu’association dans l’Eglise » de contribuer à l’amélioration de la situation des femmes particulièrement dans la détresse. Il a en outre menacé de couper les moyens financiers de l’Eglise pour le cas où les centres catholiques poursuivraient leurs activités de leur propre chef.
Le SkF avait réaffirmé ces dernières semaines qu’il continuerait ses activités de conseil aux femmes enceintes en situation de conflit, en dépit de l’intervention du pape. La Ligue avait finalement appelé les évêques à continuer à lui assurer leur soutien moral et financier sans prendre de sanctions financières ni licencier personne. Le SkF de Bavière avait décidé de créer une association de droit public autonome afin de poursuivre son activité dans le cadre de la législation allemande sur l’avortement. Le SkF gère 122 des 264 centres allemands de consultation pour femmes enceintes en détresse désirant avorter. En septembre dernier, le pape Jean Paul II avait ordonné aux évêques allemands que les centres de consultation catholiques cessent d’émettre les certificats requis par la législation en vigueur en Allemagne. (apic/kna/mjp)
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