Zambie: Conflit ouvert entre le gouvernement et l’Eglise catholiques

Les évêques se font traiter de «menteurs» par des ministres

Lusaka, le 9 février 2000 (APIC) Les protestations de religieuses catholiques contre la politique du pays en matière de droit de l’homme provoquent la colère du gouvernement zambien. Le conflit entre ce dernier et l’Eglise catholique s’est encore envenimé ces jours avec les déclarations de ministres, qualifiant de «menteurs» les évêques catholiques du pays. Le gouvernement accuse l’Eglise de discréditer ses réalisations dans le domaine des droits de la personne.

Pour des raisons qui restent encore inexpliquées, la police a refusé aux religieuses l’autorisation d’organiser une marche de protestation. Newstead Zimba, ministe de l’information, a déclaré que ces femmes étaient seulement «désireuses d’empocher les dollars» que versaient les donateurs étrangers et qu’elles voulaient «défendre une cause qu’elles ne comprennent pas».

«La manifestation interdite était financée par des donateurs que le gouvernement a déjà identifiés», a précisé le ministre, qui a cependant refusé de donner des noms.

L’archevêque de Lusaka, Medardo Mazombwe, président de la Conférence épiscopale zambienne (ZEC), a déclaré que le clergé était profondément choqué par les déclarations du ministre qui prétend que les religieuses sont aidées par des donateurs étrangers. «Nous demandons au ministre de prouver l’authenticité de ses allégations».

Ces accusations sont particulièrement nuisibles, a-t-il ajouté, car les «religieuses catholiques sont au service des pauvres dans certaines des régions les plus reculées du pays depuis plus d’un siècle, et ce n’est pas pour en tirer des avantages financiers personnels».

Les institutions catholiques prodiguent plus de 60% des soins de santé dans les zones rurales, et participent de façon importante aux programmes d’enseignement et d’assistance sociale. Les responsables de l’Eglise catholique, a souligné Mgr Mazombwe, n’approuvent pas la tendance actuelle qui consiste à réduire au silence et à discréditer ceux qui osent émettre des vues divergentes.

Le ministre de l’Information n’a pas réagi aux propos de l’archevêque de Lusaka. Toutefois, certains observateurs politiques font remarquer qu’il n’est pas dans l’intérêt du gouvernement de s’en prendre à l’Eglise catholique.

Le président Frederick Chiluba, qui n’était pas dans le pays lorsque la controverse a éclaté, a déclaré à son retour à Lusaka qu’il n’y avait pas de divergence entre son gouvernement et l’Eglise catholique. (apic/eni/pr)

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