La mondialisation des marchés aiguise les conflits d’intérêts

Canada: Les évêques interpellent le ministre de la santé sur les aliments transgéniques

Ottawa, 14 février 2000 (APIC) La sécurité alimentaire et la protection des consommateurs préoccupent les évêques catholiques du Canada, inquiets de l’essaimage, sans véritable contrôle, des aliments transgéniques, les fameux « OGM ». Pour la Commission épiscopale des affaires sociales, la mondialisation des marchés aiguise les conflits d’intérêts et nécessite une intervention accrue des gouvernements.

Alors que le gouvernement canadien examine le projet de loi C-80 sur la salubrité et l’inspection des aliments au Canada, Mgr James Weisgerber, évêque de Saskatoon et président de la Commission épiscopale des affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), interpelle le ministre canadien de la Santé, Allan Rock.

Les membres de la Commission épiscopale des Affaires sociales constatent que ces derniers mois les problèmes de sécurité alimentaire mobilisent de plus en plus l’opinion publique, au plan national et international. « Les gouvernements fédéraux doivent renforcer leur capacité de garantir la sécurité des consommateurs et la protection de l’environnement face à la rapidité des changements scientifiques et à la mondialisation des marchés. Toute nouvelle législation dans le domaine de la sécurité alimentaire devrait donc être en mesure d’offrir aux consommateurs des garanties accrues », écrivent les évêques canadiens.

Tests maintenus secrets

Examinant le projet de loi sur la salubrité et l’inspection des aliments au Canada (C-80), la Commission épiscopale estime qu’il n’offre pas les garanties nécessaires. Ainsi l’agence responsable de la sécurité des aliments relèvera du ministre de l’Agriculture, et non du ministre de la Santé: le conflit d’intérêts qui affecte déjà l’Agence canadienne pour l’inspection des aliments est d’ores et déjà programmé. Autre sujet de préoccupation: le projet de loi n’apporte aucune amélioration à la méthode d’examen des aliments transgéniques. « Non seulement ces tests continueraient de se faire en secret, mais on éliminerait même des dispositions interdisant l’étiquetage trompeur. »

La Commission épiscopale des affaires sociales de la CECC relève qu’en novembre dernier déjà, l’Association catholique canadienne de la santé réclamait qu’on impose sans délai l’étiquetage des aliments transgéniques, comme cela se pratique déjà au Japon, en Allemagne et au Royaume-Uni. « La législation à l’étude milite en ce domaine contre une meilleure protection des consommateurs. »

Les évêques canadiens ne sont pas convaincus que les Canadiens peuvent attendre des accords commerciaux internationaux les normes qui garantiront leur sécurité alimentaire « car les grandes sociétés disposent d’une influence prépondérante auprès des instances où ils sont négociés… Nous avons besoin que le gouvernement fédéral assume ses responsabilités de manière à garantir la santé et la sécurité des citoyens de notre pays ». (apic/cecc/be)

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