Prague: Prêtres et évêques tchèques ordonnés clandestinement sous le régime communiste

« Progrès notables » dans leurs relations avec le Saint Siège

Rome, 15 février 2000 (APIC) Le Saint-Siège demande aux évêques et prêtres catholiques tchèques ordonnés clandestinement sous le régime communiste, d’accepter les directives du pape à leur sujet ­ s’ils ne l’ont pas déjà fait – pour assurer la validité de leur ordination et des sacrements qu’ils célèbrent. C’est ce qu’explique le cardinal Joseph Ratzinger, dans une déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont il est le préfet, publiée le 14 février 2000.

Depuis que l’Eglise de Tchécoslovaquie est redevenue libre en 1990 après la chute du communisme, le Saint-Siège a demandé que les prêtres et les évêques ordonnés clandestinement sous le régime de persécution reçoivent une nouvelle ordination « sous condition » (à savoir une ordination valide uniquement si la première ne l’avait pas été). A l’époque, une grande partie des prêtres célibataires ordonnés clandestinement ­ en tout une cinquantaine ont accepté cette décision du pape. Ils ont alors été insérés dans un ministère pastoral par leurs évêques diocésains.

La position a été plus délicate pour les prêtres de rite latin, ordonnés une fois mariés. Leur situation a été toutefois régularisée en 1997, lorsque le cardinal Achille Silvestrini, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, a annoncé que ces prêtres sont autorisés à rejoindre le clergé greco-catholique, dans lequel l’ordination d’hommes mariés est possible. 18 prêtres ont été ainsi de nouveau ordonnés « sous condition » à l’Abbaye des prémontrés de Zeliv le 22 octobre 1997, tandis qu’un autre l’a été quelque temps plus tard. Ils ont commencé alors un service pastoral selon les normes et les juridictions des Eglises orientales catholiques.

Enfin, s’est posée la question des prêtres mariés qui ont étéé ordonnés évêques sous le régime communiste, ce que la loi canonique de l’Eglise, de rite latin comme de rite oriental, ne permet pas. Le pape leur a offert à eux aussi des « possibilités », signale le cardinal Ratzinger sans toutefois les préciser, mais ces évêques ne les ont pas acceptées.

Aujourd’hui, le cardinal Ratzinger exprime de nouveau le regret que tous les membres du clergé tchèque ordonné clandestinement n’aient pas suivi les directives concernant la nécessité pour eux de nouvelles ordinations « sous condition ». Il n’y avait pas là un « manque de confiance » du Saint-Siège envers ces prêtres, assure-t-il. Le but recherché était plutôt de leur permettre d’être « sûrs en conscience d’être vraiment prêtres », alors même que de « sérieux doutes » étaient soulevés quant à la validité de certaines ordinations. Le cardinal évoque notamment celles qui avaient été conférées par l’évêque Felix Maria Davidek.

La Congrégation pour la doctrine de la foi affirme par ailleurs qu’il y a eu sur ces questions un dialogue ouvert et sincère » avec cette partie du clergé tchèque. Elle regrette que certains de leurs fidèles « expriment ouvertement leur désaccord vis à vis de l’autorité du pape », tout en continuant à se définir comme une « Eglise clandestine ». Pour le cardinal Ratzinger, ce « titre » n’est plus justifié, « car ils ne sont pas persécutés comme les chrétiens des catacombes ». « Si on doit parler de clandestinité, fait-il remarquer, c’est malheureusement seulement parce qu’ils célèbrent l’Eucharistie pour de petits groupes de leurs adhérents, ou administrent des sacrements pour eux-mêmes, dans des maisons privées ou des lieux connus d’eux seuls ».

Invitant donc ces fidèles à s’unir de nouveau aux autres catholiques sous la direction du pape, le cardinal Ratzinger reconnaît toutefois que cette situation difficile connaît aujourd’hui de « notables progrès », même si elle reste « le problème le plus douloureux » de l’Eglise dans la République tchèque. (apic/imed/mk/mp)

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