Famine et désespoir en Serbie

Belgrade: Le directeur de Caritas dénonce les sanctions imposées par l’ONU

Belgrade 15 février 2000 (APIC) Le directeur de Caritas en Yougoslavie dénonce « La famine et le désespoir » engendrés par les sanctions occidentales. Le Père Antun Pecar, responsable l’institution d’entraide catholique demande à la communauté internationale de faire preuve de miséricorde envers le peuple serbe.

Le Père Antun Pecar fait remarquer que la campagne de frappes aériennes « peu judicieuse et insensée » menée en Serbie l’an dernier durant le conflit du Kosovo a plongé les civils dans une situation terrible et n’a pas réussi à changer quoi que ce soit dans la politique du gouvernement yougoslave.

« Quel était l’objectif de ces bombardements, sinon d’affaiblir les conditions de vie de la population sans aider qui que ce soit », s’interroge Antun Pecar. Dans un entretien téléphonique avec le correspondant de l’agence oecuménique ENI, le prêtre d’origine croate a souligné que les sanctions ont amplifié et aggravé les malheurs de la population.

La politique des sanctions pratiquée par les Etats-Unis et leurs alliés pour pousser la Yougoslavie à se séparer du président Slobodan Milosevic, « a retardé et non favorisé » le dialogue entre le gouvernement et l’opposition en Yougoslavie, et elle a engendré des pénuries sévères de vivres, vêtements, médicaments et combustible de chauffage.

« Les politiciens occidentaux n’étaient pas aptes à évaluer la situation ici. Leur stratégie n’était pas bien conçue. La seule chose qu’ils ont réussi à faire, a été de priver les gens de leur emploi et de leurs moyens de subsistance. »

Les ouvriers d’une entreprise yougoslave gagnent actuellement l’équivalent de 100 deutschmarks par mois, (82FS) alors qu’il leur faut au moins 150 DM pour avoir « un niveau de vie misérable ».

Par ailleurs, selon le prêtre, de nombreux hôpitaux ont du fermer en raison de la pénurie de chauffage et d’équipement. Les patients devant être opérés doivent apporter leurs propres médicaments. Ainsi, une religieuse catholique de Nis souffrant d’une maladie de coeur, est morte en janvier faute d’avoir pu trouver les médicaments nécessaires dans une des 20 pharmacies locales.

Hausse du taux de mortalité infantile

Même si environ 75% des catholiques ont fui la Serbie et le Monténégro au début des années 90, après l’éclatement de la Fédération yougoslave et la guerre entre Serbes, Croates et musulmans, la minorité catholique a enduré les mêmes souffrances que les autres citoyens, a fait remarquer Antun Pecar tout en rappelant que Caritas avait aidé les défavorisés de toutes religions dans « le pays tout entier ».

A la fin janvier, dans une interview à l’agence de nouvelles autrichienne Kathpress, l’archevêque catholique de Belgrade, Mgr Franc Perko, avait réclamé « la reprise immédiate » des importations de pétrole et des transports aériens. La pénurie de médicaments de base et de vivres, a entraîné, avait-il dit, la hausse du taux de mortalité parmi les enfants et les personnes âgées. (apic/eni/mp)

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