Denise Wyss, première femme prêtre catholique-chrétienne

Suisse: La première femme prêtre ordonnée samedi

Baden, 15 février 2000 (APIC) La première femme prêtre catholique-chrétienne de Suisse sera ordonnée samedi 19 février. Denise Wyss, âgée de 34 ans, assumera la charge de la paroisse de Baden-Brugg. C’est en juin dernier que le Synode catholique-chrétien de Suisse a pris la décision par 90 voix contre 2 d’accepter les femmes au sacerdoce.

Née en 1965 à Soleure, dans une famille catholique romaine, formée d’abord à la faculté de théologie catholique-romaine de Lucerne, Denise Wyss a passé à l’Eglise catholique-chrétienne en 1990 et a achevé ses études à la Faculté catholique-chrétienne de Berne. Après un stage pastoral à Genève, elle a reçu le diaconat en 1997. Après avoir été responsable de communauté à Trimbach (SO), elle est depuis juillet 1999 active dans la paroisse catholique-chrétienne de Baden-Brugg (AG), où elle restera après son ordination.

En l’absence de Mgr Hans Gerny, évêque catholique-chrétien de Suisse, actuellement en congé-maladie, c’est l’archevêque d’Utrecht, Mgr Antonius Jan Glazemaker qui présidera la cérémonie en l’église franciscaine de Soleure.

Avec cette ordination l’Eglise catholique chrétienne de Suisse conclut un long processus. En 1976 encore, la Conférence internationale des évêques vieux-catholiques de l’Union d’Utrecht, à laquelle se rattachent les catholiques-chrétiens, excluait l’idée de l’ordination sacerdotale des femmes.

L’Eglise suisse avait accepté le diaconat féminin au milieu des années 80 déjà, ce qui suscita certaines réactions au niveau international. Après de multiples tentatives pour définir une position commune – et une sévère crise provoquée notamment par la première ordination d’une femme prêtre en Allemagne -, la Conférence des évêques de l’Union d’Utrecht a finalement laissé la liberté de choix à ses membres en 1997.

L’Eglise catholique-chrétienne de Suisse est la quatrième Eglise de l’Union d’Utrecht à ordonner une femme à la prêtrise. Si les Eglises vieilles-catholiques d’Allemagne, d’Autriche et des Pays-Bas ont déjà franchi le pas, celles de Tchéquie, de Pologne, des Etats-Unis et du Canada maintiennent leur opposition à l’ordination des femmes.

Relations oecuméniques compromises ?

La décision risque également de modifier les relations avec d’autres communautés chrétiennes. Le Vatican, qui reconnaissait jusqu’ici les ministres ordonnés au sein de l’Union d’Utrecht, voit d’un mauvais oeil qu’une Eglise «catholique» conjugue la prêtrise au féminin. Le clergé orthodoxe sera lui aussi perturbé. Par contre, l’ordination des femmes pourrait rapprocher les catholiques chrétiens des luthériens, des anglicans et des protestants.

Née d’une réaction au Concile Vatican I de 1870, au cours duquel ont été décrétées l’infaillibilité du pape sur les questions de foi et de morale et sa primauté juridictionnelle sur tous les évêques, l’Eglise catholique-chrétienne se réclame de l’héritage des premiers chrétiens. Avec 14’000 membres répartis dans 40 paroisses, l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse est très minoritaire. Elle bénéficie néanmoins pour des raisons historiques du statut d’Eglise nationale reconnue.(apic/ab/mp)

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