Israël/Vatican: A quelques semaines de la visite du pape, le statut de Jérusalem divise
Jérusalem/Rome, 16 février 2000 (APIC) A quelques semaines de la visite historique du pape Jean Paul II fin mars en Jordanie, en Israël, à Jérusalem et dans les territoires palestiniens, la tension se ravive entre le Vatican et Israël à propos de Jérusalem. Le Vatican – tout comme le Synode diocésain des Eglises catholiques de Terre Sainte qui vient d’achever ses travaux à Bethléem – réclame un statut garanti internationalement qui permette de sauvegarder « la liberté de religion et de conscience pour tous ». Consternation en Israël.
Cette phrase est contenue dans le préambule de l’accord signé mardi entre le Saint-Siège et l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP). Cet acte juridique garantit la présence et l’activité de l’Eglise catholique dans les territoires dépendant de l’Autorité palestinienne. Le préambule rappelle sans ambages qu’une solution équitable pour la question de Jérusalem, basée sur le droit international et les résolutions de l’ONU, « est fondamentale pour une paix juste et durable au Moyen-Orient ». L’accord met en garde contre des « décisions unilatérales et des actions modifiant le caractère spécifique et le statut de Jérusalem ». De tels actes sont « moralement et légalement inacceptables ».
Cette prise de position claire, basée sur le droit international (à l’instar du reste de la communauté internationale, le Vatican n’a jamais reconnu l’occupation de la partie orientale de Jérusalem), contredit les prétentions d’Israël qui a annexé Jérusalem-Est. Elle a fait bondir le gouvernement israélien, qui a convoqué en toute urgence mercredi matin le nonce apostolique en Israël, Mgr Pietro Sambi, qui a rencontré durant une demi-heure Eytan Bentsur, directeur général du Ministère israélien des Affaires étrangères. Porte-parole de l’ambassade israélienne près le Saint-Siège à Rome, Zvi Tal a confirmé mercredi à que les deux hommes, qui se connaissent bien, ont évidemment discuté de ce « problème délicat », l’accord signé au Vatican stipulant en effet « que des décisions unilatérales et des actions modifiant le caractère spécifique et le statut de Jérusalem sont moralement et légalement inacceptables ».
Rien ne fera revenir Israël sur ses positions
Israël parle d’ »ingérence ». Dans une première réaction, le Ministère israélien des Affaires étrangères remarque que « cet accord est une interférence dans les négociations entre Israël et les Palestiniens et nous le regrettons ». Israël « rejette clairement » le fait que le statut de Jérusalem soit inclus dans le document signé à Rome. Pour les autorités israéliennes, « Jérusalem était, est et doit rester la capitale de l’Etat d’Israël, et aucun accord ou déclaration » par le Saint-Siège, l’OLP ou d’autres « ne changeront cet état de fait ».
Du côté israélien, on déplore encore que ce document, qui illustre le plus important développement dans les relations de l’OLP avec le Saint-Siège depuis l’établissement de liens officiels en 1994, survienne juste avant la visite historique du pape Jean Paul II le mois prochain (du 21 au 26 mars). Le texte ne mentionne pas Israël, qui considère toujours Jérusalem comme sa capitale une et indivisible. Tel Aviv a systématiquement ignoré les appels du Vatican pour un statut spécial pour Jérusalem.
Consternation israélienne, satisfaction des chrétiens de Terre Sainte
Visiblement, le ton du document a pris Israël de court. « Nous exprimons notre consternation », a déclaré Zvi Tal, considérant que les Palestiniens semblent avoir violé un accord avec Israël, limitant le genre d’accords que ces derniers sont autorisés à conclure en ce moment.
Même si le statut final de Jérusalem doit être négocié dans les discussions entre Israéliens et Palestiniens, le sort de la Ville Sainte ne pourra certainement pas se décider dans le non respect du droit international. De leur côté, les catholiques de Terre Sainte viennent de rappeler que « Jérusalem est une cité sainte pour trois religions et deux peuples, les Palestiniens et les Israéliens ». Le Synode de Terre Sainte a rappelé dans sa déclaration finale adoptée le 12 février à l’issue de ses travaux à Bethléem que « la ville de Jérusalem a une importance unique, permanente, doctrinale, profondément enracinée dans notre réflexion d’arabes chrétiens et palestiniens ». (apic/com/imed/jpost/be)
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