Fribourg: Bilan intermédiaire pour le Projet de Paix, prévention des conflits (PPP)

«Laissez-nous le temps de faire nos preuves»

Fribourg,

(APIC) Trois ans après sa mise en route, le «Projet de Paix prévention des conflits violents et armés (PPP)» peine à sortir de la phase de la réflexion préparatoire pour atteindre un niveau opérationnel. «Laissez-nous le temps de faire nos preuves», ont plaidé mardi ses responsables lors d’une conférence de presse à Fribourg. Ils se donnent encore deux ans pour mettre au point le partenariat de prévention avec les entreprises.

«Nous sommes au milieu de la rivière. Allons-nous rebrousser chemin ou allons-nous tenter de traverser ?» s’interroge Jean-Nicolas Marti. Qui donne aussitôt la réponse : «Nous avons pris la décision d’atteindre l’autre rive». Après trois ans, les enthousiasmes et les énergies semblent intacts car l’intuition de base: impliquer l’économie privée dans la prévention des conflits tient la route.

«Pour le moment, nous ne pouvons pas prouver notre efficacité sur le terrain», reconnaît le Père Jean-Marc Sierro, principal théoricien du projet. «Mais la preuve qui nous motive est le soutien et l’approbation que nous trouvons dans les Congrégations missionnaires, mais aussi dans les milieux économiques et politiques». Et de citer le soutien verbal du nouveau Conseiller fédéral fribourgeois Joseph Deiss, patron du département des Affaires étrangères.

Du côté des entreprises, le travail reste à faire pour les convaincre du bien-fondé de l’idée et envisager un partenariat avec elles. Une dizaine d’entreprises ont été contactées, des perspectives de collaboration sont envisagées avec trois d’entre elles, explique Frédéric Maillard. Le président de PPP précise, sans vouloir donner davantage de précisions, qu’il ne s’agit pas de multinationales mais plutôt de petites entreprises. «Nous voulons débuter à petite échelle, dans un environnement maîtrisable qui permette de créer un cas d’école» .

Chefs d’entreprises et tiers-mondistes ne sont plus ennemis

Deux domaines d’actions sont envisagés : celui de la relation entre les entreprises et leur environnement local et celui de l’éducation et de la formation. Il peut s’agir par exemple de jouer un rôle de médiateurs entre l’entreprise désireuse d’implanter une nouvelle unité de production et son environnement direct, autorités locales, membres de la société civile, milieux culturels et associatifs. Afin de permettre une vision d’ensemble et de valoriser la responsabilité collective et le rôle social de l’entreprise.

Dans le domaine de la formation, il peut s’agir d’aider à établir de bonnes relations entre expatriés et la population locale ou de veiller à la formation continue des ouvriers.

«Aujourd’hui le chef d’entreprise et le tiers-mondiste ne sont plus ennemis. Certains patrons prennent conscience que la mondialisation n’a pas que des volets économique ou politique, mais doit prendre en compte les divers aspects sociaux. Un pays en guerre ne produit pas et ne consomme pas. Ce sont avec ces gens-là que nous voulons travailler», renchérit Jean-Marc Sierro.

250’000 francs en trois ans

Financièrement le Projet de Paix a pu compter depuis son lancement sur environ 250’000 francs dont 157’000 francs fournis par 13 congrégations religieuses. 150’000 francs ont été dépensés pour les salaires et les frais de l’année de lancement, 77’000 francs pour les frais de fonctionnement et 23’000 francs pour les publications. En 1999 le PPP a pu compter sur quelque 10’000 francs de cotisations et de dons.

Aujourd’hui l’Institut ouvert en automne 1998 au Sonnenberg, à Fribourg, fonctionne grâce à deux personnes en programme d’emploi temporaire. «Nos relations avec l’Office régional de placement sont excellentes et nous espérons pouvoir continuer à bénéficier de ce soutien bienvenu», souligne Frédéric Maillard.

Quant à l’idée de la création d’une Fondation dotée d’un capital de 10 millions de francs, elle n’est pas abandonnée même si seulement 5’000 francs ont été encaissés jusqu’à présent. «Nous avons des contacts positifs», promet-on.

Fidélité et persévérance

Le Projet de Paix est-il mieux qu’une belle idée généreuse mais sans avenir? Difficile de répondre aujourd’hui. «Nous voulons dire et montrer que nous sommes fidèles au projet et que l’ambition perdure», assurent ses responsables. " Beaucoup de travail concret a été fait pour les contacts, la documentation, la mise en route de l’Institut, la vie associative, la préparation de cours de formation…» souligne Esther Coquoz. «L’approche est nouvelle, le type d’action est nouveau, le temps de la réflexion est nécessaire, plaide Jean-Marc Sierro. Nous n’allons pas d’emblée vers les entreprises avec un «produit» à vendre, mais plutôt un désir de partenariat. Pour porter des fruits, il faut avoir la patience du long terme». (apic/mp)

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