237 milliards de dollars en jeu

Brésil : Préparation de la consultation populaire sur la dette extérieure

Sao Paulo, 21 février 2000 (APIC) Faut-il continuer ou non à payer les intérêts de la dette extérieure du Brésil? Les mouvements qui veulent consulter la population sur cette question préparent les modalités pratiques de ce référendum. Ils ont planché en fin de semaine dernière à Sao Paulo sur l’organisation de ce vote populaire prévu dans tout le pays pour le début de septembre 2000. A la fin de l’année 99, cette dette s’élevait, selon des chiffres officiels, à 237 milliards de dollars.

L’idée d’un référendum a été lancée officiellement en 1999 par le mouvement «Cri des exclus». Il s’agit de montrer à la société brésilienne les méfaits de cette dette insupportable qui prive le pays de réformes sociales et écologiques. Selon les organisateurs, la mobilisation populaire permettra également de faire pression sur le gouvernement brésilien pour qu’il entre en question sur cette question politique fondamentale.

Les organisateurs réunis à Sao Paulo ont fait des propositions précises sur la ou les questions que portera le bulletin de vote. Ils ont préparé les grandes lignes du contenu de la brochure d’accompagnement et le programme de sensibilisation qui sera diffusé dans tout le pays pour qu’un maximum de personnes s’expriment lors de cette consultation. Il est déjà prévu que les églises, les sièges des syndicats, les clubs et les écoles serviront de locaux de vote.

Selon le Père Luiz Bassegio, secrétaire exécutif national du Service pastoral des migrants et l’un des coordinateurs de la préparation du référendum, la réunion de Sao Paulo a permis d’accueillir de nouveaux mouvements et partis de gauche, comme le Parti des travailleurs (PT), prêts à apporter leurs forces à l’organisation de la consultation populaire. «Nous allons par ailleurs diffuser des informations concrètes pour que la population brésilienne comprenne combien cette dette extérieure est néfaste pour l’économie du Brésil. L’argent des intérêts payés, de 1994 à 1998, aurait permis de créer, par exemple, 15 millions d’emplois dans la construction civile, ou de résoudre les problèmes économiques et fonciers de 5,5 millions de familles paysannes sans terre.

Une pression morale et politique

Le référendum est une occasion pour le peuple brésilien de manifester son opinion sur la dette extérieure, mais les organisateurs sont bien conscients que son résultat n’offrira qu’une forte pression morale et politique sur le gouvernement de Brasilia. Sans obliger juridiquement ce dernier à suivre les orientations votées, contrairement aux référendums ou initiatives populaires ( comme en Suisse) prévues et inscrites dans la Constitution.

Parmi les mouvements et organisations qui soutiennent dès le début du lancement du référendum sur la dette extérieure, on trouve, entre autres, les pastorales sociales de la Conférence nationale des évêques brésiliens (CNBB), le Conseil national des Eglises chrétiennes (CONIC), la Coordination œcuménique de services (GESE), la Caritas brésilienne, le Mouvement des paysans sans terre (MST), la Centrale des Mouvements populaires et la Centrale unique des travailleurs (CUT). (apic/plp/ba)

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