Mgr Pierre Mamie: «Erika», récits de rencontres, Saint-Maurice, 1999, 120 pages, Editions Saint Augustin

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Prague: Les cas des évêques clandestins pas encore tous résolus

La Tchécoslovaquie a compté une trentaine d’évêques clandestins

Prague,

(APIC) La récente visite-éclair à Prague du secrétaire de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi, Mgr Tarcisio Bertone a à nouveau attiré l’attention de l’opinion sur le problème non résolu des prêtres et évêques ordonnés clandestinement dans le bloc de l’Est sous le régime communiste. Les cas de près d’une trentaine d’évêques clandestins tchèques et slovaques sont aujourd’hui connus. Si la situation de certains a été régularisée, ce n’est pas le cas pour d’autres.

Le Vatican, se basant sur la tradition ecclésiale commune aux latins et aux orientaux qui veut que les évêques gardent le célibat, distingue surtout entre les évêques clandestins célibataires et les évêques mariés dont la situation s’explique uniquement par les circonstances d’urgence extrême vécues sous les régimes communistes. Aux prêtres et aux évêques mariés, le Vatican a donné la possibilité de rejoindre les rangs du clergé gréco-catholique marié ou de devenir diacres permanents dans le rite latin. Tous n’ont cependant pas accepté cette proposition. Ils réclament la reconnaissance de ce qu’ils ont vécu dans l’Eglise des catacombes.

Pour les évêques célibataires la situation varie de cas en cas. Certains ont obtenu une charge épiscopale, d’autres travaillent comme prêtres, d’autres encore n’ont pas repris d’activité pastorale, explique un dossier publié par l’agence de presse catholique autrichienne «katpress», à Vienne.

Les quatre évêques jésuites de Slovaquie ont en commun d’avoir tous obtenu la reconnaissance du Vatican, mais vivent aujourd’hui dans des situations différentes. Deux d’entre eux, Mgr Pavel Hnilica et Mgr Jan Kalata, ont dû à leur fuite à l’Ouest d’échapper aux persécutions, aux procès et à l’emprisonnement. Mgr Hnilica est encore actif sur le front de la «nouvelle évangélisation» et Mgr Kalata vit retraité en Allemagne. Les deux jésuites, après leur fuite en Autriche, ont complété leurs études théologiques à Innsbruck. Mgr Kalata a assumé diverses charges en Allemagne. Il n’a cependant pas regagné son pays d’origine après la «Révolution de velours» en 1989.

Le plus connu des évêques clandestins jésuites est bien sûr Mgr Jan Korec, évêque de Nitra, aujourd’hui cardinal. Mgr Peter Dubovsky, ouvrier à Prague durant plusieurs années, puis curé en Slovaquie, est aujourd’hui évêque auxiliaire et collaborateur du secrétariat de la Conférence épiscopale slovaque. Il passe pour le «père» de nombreux évêques clandestins de l’ex-Tchécoslovaquie.

Mgr Dubovsky, sur mandat du Vatican, a ordonné évêque Mgr Jan Blaha, un scientifique de Brno, qui était prêtre clandestin. Aucune fonction épiscopale n’a été confiée à Mgr Blaha qui travaille comme «prêtre du week-end» dans le diocèse de Hradec Kralove. Sa présence dans ce diocèse est liée à l’ancien évêque du lieu, Mgr Karel Otcenasek , dernier survivant de la première génération des évêques clandestins.

Le «groupe Davidek»

Un autre groupe d’évêques clandestins est celui de Mgr Davidek. L’ancien évêque clandestin de Brno, aujourd’hui décédé, a procédé à au moins seize ordinations épiscopales. Dix de ces évêques sont encore en vie. Un seul, Mgr Ivan Ljavinec, a obtenu une fonction ecclésiale officielle. Il a reçu en 1996 la responsabilité du nouveau diocèse gréco-catholique (exarcat) pour la République tchèque, auquel plusieurs prêtres clandestins mariés ont été incorporés. Son vicaire général, Mgr Evzen Kocis, est aussi un évêque clandestin, mais n’a pas été reconnu comme tel par le Vatican.

Jiri Pojer, autre évêque clandestin, a quitté sa charge il y a quelques années pour se réfugier en Suisse. Il passe aujourd’hui pour l’ambassadeur de l’Eglise clandestine.

Sept autres évêques du «groupe Davidek» n’ont pas été reconnus par le Vatican. Il s’agit de Stanislav Kratky, Martin Hrbca, Jiri Krpalek, Dusan Spiner, Karel Chytil, Josef Hinterhölzl et Marian Potas.

Un apostolat dans des situations extrêmes

Un dernier groupe de sept évêques clandestins comporte entre autre les noms de Bedrich Provzanik, Fridolin Zahradnik, Jan Konzal et Pavel Hajek. Beaucoup de secrets se cachent derrière ces noms. La plupart ont vécu de longues années d’apostolat dans des situations extrêmes. On ignore encore si on pourra parvenir à une «réconciliation» avec ces personnes. Elles attendent non seulement la reconnaissance de l’Eglise officielle pour ces années de catacombes, mais aussi l’aveu de certaines erreurs de la politique ecclésiale officielle. La récente visite à Prague de Mgr Bertone et le ton conciliant utilisé par le Vatican ouvrent quelques espoirs, estime «Kathpress». (apic/kap/mp)

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