« As-salam u’alaikum! La paix soit avec vous! »
De notre correspondante au Caire, Caroline Boüan
Rome, 24 février 2000 (APIC) « As-salam u’alaikum! La paix soit avec vous! » Arrivé au Caire en début d’après-midi le 24 février, c’est en arabe que Jean-Paul II a tenu à saluer les personnalités égyptiennes qui l’attendaient à l’aéroport. Sous un ciel gris, il a été accueilli, dès sa descente de l’avion par le président de la République Arabe d’Egypte, Hosni Moubarak, mais également par le patriarche d’Alexandrie des Coptes et président de la hiérarchie catholique d’Egypte, Stephanos II Ghattas, ainsi que par le grand cheikh de Al-Azhar, Mohamed Sayed Tantawi.
Après avoir parcouru sur un tapis rouge les quelque cent mètres qui séparaient l’avion du pavillon présidentiel de l’aéroport, le pape s’est arrêté quelques instants. De nombreux évêques coptes l’attendaient en effet devant le pavillon, coiffés de leur « ballin », un turban d’étoffe noire orné de croix coptes, avant de laisser le pape entrer à l’intérieur pour une cérémonie d’accueil très solennelle, réservée aux personnalités égyptiennes.
La délégation du Vatican, en particulier les cardinaux Francis Arinze, Achille Silvestrini et Roger Etchegaray, ont également salué les différentes personnalités religieuses égyptiennes.
Dès les premiers mots de son discours adressé en anglais, le pape a clairement défini son voyage comme un « pèlerinage jubilaire ». « J’attends depuis de nombreuses années de pouvoir célébrer le 2000ème anniversaire de la naissance de Jésus Christ, en me rendant en pèlerinage pour prier sur les Lieux Saints liés de manière spéciale aux interventions de Dieu dans l’histoire » a-t-il dit. Il n’a toutefois pas manqué d’évoquer les préoccupations actuelles concernant le processus de paix au Moyen-Orient et de faire une allusion discrète aux tensions qui existent actuellement en Egypte entre les musulmans et les chrétiens. Ces derniers étant, de par leur situation minoritaire, inévitablement soumis à des discriminations.
L’éloge à l’Egypte
S’adressant directement au président Moubarak, Jean Paul II lui a rendu hommage pour son engagement pour la paix au Moyen-Orient. « Vous avez eu une fonction importante pour faire avancer le processus de paix dans la région, a-t-il déclaré.
« L’unité et l’harmonie d’un pays sont des valeurs précieuses dont tous les citoyens devraient jouir et que les responsables politiques et religieux doivent sans cesse promouvoir dans la justice et le droits de tous » a également ajouté le pape. Ce dernier a tenu à accompagner cette recommandation par un commentaire particulièrement élogieux sur l’islam tel qu’il est vécu et professé en Egypte. « L’avènement de l’islam a apporté de splendides oeuvres d’art et des enseignements qui ont exercé une influence déterminante sur le monde arabe et sur l’Afrique. Depuis des siècles, a-t-il souligné, le peuple égyptien a poursuivi l’idéal de l’unité nationale ».
« Ma visite au monastère de Sainte-Catherine, au pied du Mont Sinaï, a également confié le pape, sera un moment de prière intense pour la paix et l’harmonie inter-religieuse. Faire le mal, promouvoir la violence et les conflits au nom de la religion est une contradiction terrible et une grande offense à Dieu. Cependant, a-t-il ajouté, l’histoire passée et présente nous offre de nombreux exemples de cet abus de la religion. Nous devons tous oeuvrer pour renforcer notre engagement croissant dans le dialogue interreligieux, un grand signe d’espérance pour les peuples du monde ».
L’apport de l’Eglise copte
Enfin, Jean Paul II s’est adressé aux représentant de l’Eglise copte, rappelant comment cette Eglise, fondée par l’évangéliste saint Marc, a donné à l’Egypte de grands écrivains chrétiens, comme saints Clément et Origène, ou bien encore sainte Catherine d’Alexandrie et aussi les Pères du désert, fondateurs du monachisme, comme saint Antoine et saint Pacôme.
Après cet accueil, le pape a parcouru une trentaine de kilomètres pour rejoindre la nonciature apostolique du Caire, au centre de la ville. Un impressionnant service de sécurité avait été disposé sur tout le trajet, un policier égyptien étant placé tous les 10 mètres, tout le long des larges avenues bordées d’arbres. La circulation avait par ailleurs été complètement interrompue pour laisser passer le cortège du pape. En arrivant dans le centre, quelques petits groupes de catholiques étaient également encerclés par des cordons serrés de sécurité. Contrastant avec les nombreuses inscriptions sur les grands immeubles et les différentes mosquées de la ville, ces quelques chrétiens brandissaient des banderoles souhaitant, en français, la bienvenue au pape.
En fin d’après-midi, après quelques heures de repos à la nonciature, Jean Paul II s’est rendu dans la résidence du patriarche de l’Eglise copte, dans le quartier chrétien du centre du Caire, pour un entretien privé, suivi d’une prière commune, avec le pape Chénouda III. Une heure plus tard, il a encore été être accueilli dans la résidence du grand cheikh Mohamed Sayed Tantawi.
Cette première cérémonie officielle du pape en Egypte a été entièrement retransmise en direct sur les trois chaînes nationales de la télévision égyptienne. Un responsable de la presse a confié à l’APIC que l’ensemble des rencontres du pape serait également couvert par la télévision d’Etat, pendant les trois jours de visite de Jean Paul II en Egypte. (apic/imed/cb/pr)
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