Israël: Programme de destruction de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est
Jérusalem, 25 février 2000 (APIC) Dans le but de préserver l’image internationale de l’Etat d’Israël, de hauts responsables israéliens ont demandé d’attendre le départ du pape Jean Paul II – attendu le mois prochain en Israël – pour réaliser le programme de destruction de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est prévu par la municipalité.
Selon le quotidien israélien «Ha’aretz» de vendredi, de hauts responsables du gouvernement ont incité la municipalité de Jérusalem à ne pas détruire de maisons palestiniennes dans la partie arabe de la ville avant la visite du pape en Israël en mars prochain. Le gel des démolitions était prévu au départ jusqu’au 21 février, puis repoussé dans un premier temps au 28 février, puis au 1er mars, selon des sources proches du Comité ministériel pour les affaires de Jérusalem.
Une maison de huit appartements condamnée à Beit Hanina
Malgré ces recommandations, un porte-parole de la municipalité a déclaré à «Ha’aretz» que la ville ne reconnaît aucun accord pour suspendre momentanément les démolitions de maisons construites illégalement, que ce soit en raison de la visite du pape ou pour n’importe quelle autre occasion. Cédant à de fortes pressions diplomatiques, notamment du Vatican – selon le quotidien israélien – la municipalité de Jérusalem a décidé de ne pas procéder à deux des trois démolitions prévues prochainement.
Mais la municipalité reste ferme sur le cas d’une maison de trois étages avec huit appartements, dans le quartier de Beit Hanina, occupés par plusieurs familles. La famille Kawasmi a fait recours contre l’ordre de destruction. Les organisations israéliennes des droits de l’homme protestent contre la politique de la municipalité de Jérusalem, accusée d’utiliser tous les moyens pour changer la démographie de la Ville Sainte au profit de la population juive. Les habitants arabes de la ville ont d’énormes difficultés à obtenir des permis de construire.
Les extrémistes juifs contre la venue du pape, une «contamination» de la Terre Sainte
Pendant ce temps, les extrémistes juifs du mouvement interdit «Kach» protestent à leur manière contre la venue du pape Jean Paul II en Israël. Ils ont placardé une affiche dans les quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem qui dénonce en termes virulents la «contamination de notre Terre Sainte» causée par la visite du pape, «un péché contre Dieu» qui ne doit pas être passé sous silence. Le mouvement d’extrême-droite se fait menaçant, promettant même de «ne pas laisser passer la visite de ce criminel» sans réagir. La police israélienne est sur les dents, car cette mouvance extrémiste, avec l’assassinat du Premier ministre Ithzak Rabin, a maintes fois prouvé que ses déclarations incendiaires peuvent être suivies d’effet.
Les manifestations d’hostilité à la venue du pape ne concernent pas seulement les milieux extrémistes juifs: mercredi, le rabbin Arthur Hertzberg avait demandé qu’Israël ne déroule pas le tapis rouge pour le pape. Il a violemment dénoncé la tenue d’une messe célébrée par Jean Paul II samedi 25 mars, fête chrétienne de l’Annonciation du Seigneur. La célébration d’une messe le jour du sabbat est pour lui une «gifle à la face de la dignité juive». Jeudi, le nonce apostolique en Israël, Mgr Pietro Sambi, a rencontré une délégation de rabbins à Jérusalem qui lui ont fait part de leur inquiétude concernant cette désacralisation du sabbat, surtout pour les agents de la sécurité israéliens chargés de la protection du pape.
Mgr Sambi leur a fait savoir que le 25 mars est l’Annonciation, une importante fête chrétienne. La visite du pape a été programmée pour coïncider avec cette fête chrétienne. Le Vatican, a-t-il insisté, a pris toutes les mesures nécessaires pour réduire le plus possible les activités qui pourraient déranger certains secteurs de la population juive. (apic/haar/jpost/kna/be)
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