Jakarta : L’Indonésie refuse les bons offices extérieurs pour résoudre les conflits religieux
Jakarta, 4 janvier 2000 (APIC) Malgré la recrudescence des conflits religieux sur l’île des Moluques en Indonésie, à 2’300 km à l’est de Jakarta, le président Adurrahman Wadid refuse l’intervention de pays tiers. Selon l’agence de presse indonésienne Antara, de nouvelles agressions ont eu lieu lundi entre chrétiens et musulmans. Elles ont causé la mort de 13 personnes. Les Pays-Bas, en tant qu’ancienne puissance coloniale de cette région, a proposé ses bons offices.
Comme l’a annoncé la presse indonésienne de lundi, le président Wadid a refusé toutes les aides extérieures qu’on lui a proposées. Il a mis en garde ceux qui veulent profiter des troubles pour entamer une partition du pays. Le ministre indonésien de la Défense, le général Wiranto, avait déjà refusé « comme non nécessaires » toutes les demandes de bons offices présentées pour résoudre les conflits ethniques et religieux qui désolent le pays.
Depuis le déclenchement de la violence le 19 janvier 1999, plus de 1’300 personnes ont perdu la vie dans la Province des Moluques, dont 350 la semaine dernière. Plus de 8’500 habitations parmi lesquelles des lieux de culte, ont été détruits ou brûlés par les fauteurs de troubles.
L’Eglise catholique du pays avait, ces derniers temps, demandé l’envoi de forces de sécurité internationales pour le règlement du conflit. Elle a aussi exprimé ses craintes que les chrétiens soient réprimés, voire considérés comme citoyens de seconde zone. Les dirigeants des religions chrétienne et musulmane ont aussi reproché à l’armée indonésienne d’employer la force de manière excessive contre les émeutiers.
En novembre dernier, des affrontements sanglants avaient déjà eu lieu entre des représentants des deux religions. Ils avaient fait au moins 40 victimes. Kafrawi Ridwan, président du Conseil indonésien des mosquées, vu la proximité du ramadan et de la fête de Noël, avait lancé un appel aux deux communautés pour qu’elles cessent immédiatement leurs attaques réciproques: « Comme croyants, il nous est interdit de détruire et de salir ces jours saints que nous allons célébrer prochainement », avait-il encore déclaré.
Dimanche 26 décembre, la mort d’un jeune musulman, percuté par un bus conduit par un chrétien, a relancé les combats. Dans la capitale de l’archipel, Amboine, il y aurait eu une une soixantaine de morts, mais le bilan le plus lourd est arrivé jeudi du nord de l’archipel, Halmahera où 255 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées après que le bruit de l’incendie d’une église protestante d’Amboine a couru dans l’île.
Depuis le début de la crise, on estime qu’au moins 50’000 personnes ont fui les Moluques.
Les Moluques sont composées de vastes îles disséminées sur une grande étendue totalisant plus de 47’000 km2. La population des îles méridionales est christianisée depuis le XVIe siècle. Saint François-Xavier y séjourna en 1546. (apic/kna/ba)
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