Etonnement et désappointement à Rome

Ordinations épiscopales en Chine: Déception au Vatican

Rome, 4 janvier 2000 (APIC) Le Saint-Siège a exprimé mardi son « étonnement » et son « désappointement » à l’annonce de l’ordination, sans le consentement du pape, d’au moins trois évêques à Pékin le 6 janvier prochain.

Le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, a réagi dans un communiqué. « Je dois manifester l’étonnement et le désappointement du Saint-Siège, peut-on lire, car cette décision intervient à un moment où, de plusieurs côtés, se lèvent des voix qui laissent bien augurer d’une normalisation des rapports entre le Saint-Siège et Pékin, tandis que ce geste vient mettre des obstacles qui certainement entravent un tel processus. « 

Des ordinations d’évêques au sein de l’Association patriotique catholique chinoise ont lieu sans l’autorisation du pape depuis 1957. Ce que le Saint-Siège déplore, ce ne sont pas les ordinations elles-mêmes, mais le fait qu’elles aient lieu à Pékin et non dans les diocèses particuliers, comme c’était habituellement le cas jusqu’ici.

La décision d’ordonner les évêques à Pékin le 6 janvier est perçue au Vatican comme une volonté de faire un « éclat », comme une « provocation » de la part du gouvernement de Pékin: le 6 janvier, Jean Paul II ordonnera lui-même douze évêques dans la basilique Saint-Pierre, comme il le fait chaque année le 6 janvier, jour de l’Epiphanie. Il semble que Pékin ait ainsi voulu « défier » le pape, commente un observateur du Vatican interrogé par l’APIC.

A propos des « voix qui laissent bien augurer d’une normalisation des rapports entre le Saint-Siège et Pékin » évoquées par J. Navarro-Valls, cet observateur insiste sur le fait qu’il s’agit « de voix qui viennent de Chine ». Il semblerait donc que le Saint-Siège, tout en désirant une normalisation, ne perçoive pas encore concrètement l’objet des articles récents publiés en Chine à ce sujet et reste assez prudent. Et l’observateur d’ajouter: « Inutile de faire du vent. Pour l’instant, il n’y a rien de nouveau ».

Le 23 décembre dernier, le porte-parole du Saint-Siège avait commenté un article du quotidien français « Le Figaro » publié la veille par son correspondant à Pékin, qualifiant les pourparlers entre le Saint-Siège et la Chine de « très avancés ». J. Navarro-Valls confirmait ce jour là qu’il n’y avait « rien de neuf » dans les relations entre Pékin et le Saint-Siège. Il avait déjà apporté de tels démentis le 25 octobre et le 15 décembre dernier à la suite d’articles parus dans deux quotidiens de Hongkong, « The Sun » et le « South China Morning Post », laissant entendre que des négociations étaient en cours.

Un obstacle nommé Taiwan

Pour le Saint-Siège, c’est une liberté religieuse effective dans le pays qui est la condition sine qua non à l’établissement de relations diplomatiques avec la Chine. Le quotidien italien « Il Messaggero » soulignait ainsi dans son édition du 4 janvier que « le Saint-Siège semblerait disposé à soumettre les nominations des évêques à un « placet » gouvernemental et à reconnaître l’autonomie – non pas l’indépendance – de l’Eglise chinoise comme de toute Eglise locale, mais il ne peut accepter une Association patriotique dépendant du Parti ». (apic/imed/pr)

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