Pour attirer l’attention du monde sur leur situation
Bogota, 5 janvier 2000 (APIC) Entre 100 et 200 «campesinos» (Paysans) colombiens, 300 selon la presse locale – déplacés de leur terre à cause de la violence et du conflit armé, occupent pacifiquement depuis mardi matin le siège de la Croix-Rouge internationale, au nord de la ville de Bogota. Ils entendent par là attirer l’attention du monde sur la situation de près de 2 millions de déplacés dans ce pays à cause de la violence.
37 fonctionnaires colombiens et étrangers se trouvaient à l’intérieur des bureaux de la Croix-Rouge au moment des incidents. Mardi soir, 33 employés ont cependant été relâchés par les occupants. Seuls quatre fonctionnaires du CICR, 3 Suisses et un Italien, dont le responsable du CICR pour la Colombie, le Suisse Rolin Wavre, étaient encore détenus. Ils devraient jouer un rôle d’intermédiaire dans les négociations qui se poursuivent entre les «campesinos» et le gouvernement. Des discussions devraient être entamées au cours de la journée de mercredi.
Les manifestants font partie d’un groupe de plus de 1’200 déplacés, qui «campent» depuis près de 3 semaines aux alentours du bâtiment de l’institution humanitaire. Les «occupants» demandent au gouvernement leur réinstallation dans leur terre, une plus grande garantie socio-économique, un programme de santé et un toit pour les plus nécessiteux, a déclaré le porte-parole des déplacés, Gustavo Cepeda. Selon ce dernier, «il fallait agir de la sorte pour voir si le gouvernement allait enfin porter son attention sur notre condition de «campesinos» en exil».
Les manifestants, présents depuis le 14 décembre devant l’édifice, ont décidé de l’occuper en raison du peu de cas des autorités face à leurs revendications, a précisé G. Cepeda. «Nous exigeons du président Pastrana qu’il applique les mesures prévues pour venir en aide aux déplacés».
Parmi ces derniers figurent des vieilles personnes, des femmes et des enfants, arrivés dans la capitale colombienne depuis des lieux comme la Guarira, à plus de 1’200 kilomètres au nord de Bogota, du Département de Bolivar (800 km), ou autres régions plus reculées encore.
Selon des chiffres de l’Eglise catholique, plus de 1,3 millions de personnes ont été déplacées entre 1986 et 1998, après avoir tout abandonné. D’autres sources font état de plus de 2 millions de déplacés. (apic/ag/pr)
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