Paraguay: Violents affrontements entre paysans sans terre et forces de police

3 « campesinos » tués et une vingtaine d’autres blessés

Asuncion, 10 janvier 2000 (APIC) Trois « campesinos » tués, une vingtaine d’autres blessés et 82 arrêtés. Le bilan des graves affrontements qui se sont déroulés samedi à San Vincente, dans le Département de San Pedro, au Paraguay, est très lourd. Ces incidents interviennent alors que plusieurs centaines de « campesinos » colombiens occupent toujours le siège du Comité International de la Croix-Rouge à Bogota.

Quelque 700 paysans de la Fédération Nationale des `campesinos’ (FNC) privés de terres ont été violemment réprimés par la police, au cours de la seconde évacuation musclée de « campesinos » de la propriété « La Esperanza ».

Malgré les violences subies, ces derniers ont menacé d’occuper pour la troisième fois « La Esperanza » si le gouvernement ne leur donne pas un terrain pour s’établir et cultiver. Le leader paysan Carlos Carceres a déclaré que la FNC est prête à négocier à condition que 10’000 hectares de la propriété soient expropriés en faveur des « sans terre ».

Le 13 novembre dernier, des centaines de paysans avaient déjà occupé « La Esperanza », mais en avaient été chassés de force par la police. Au cours de cette opération d’évacuation, un « campesino » avait été tué, probablement par un agent, et 300 autres arrêtés.

Les violences exercés contre les « sans terre » par les gouvernements latino-américains semblent se généraliser en Amérique latine, face à l’ampleur des revendications des paysans, privés de terre pour travailler et nourrir leurs familles. Les répressions policières ou de l’armée sont souvent menées avec le concours de paramilitaires payés par les propriétaires des grandes exploitations. (pic/ms/pr)

Liban: Chrétiens et musulmans dans la psychose d’une nouvelle guerre civile

Fragilité de l’Etat montrée du doigt

Liban, 10 janvier 2000 (APIC) La vague d’attentats contre les églises greco-orthodoxes, le récent assassinat d’une religieuse en plein quartier chrétien et la fusillade de l’ambassade de Russie à Beyrouth en plein de jour lundi, sèment la panique au Liban. Chrétiens et musulmans vivent dans la psychose d’une nouvelle guerre, alors que le pays se remet à peine d’une guerre civile de plus de 15 ans. La fragilité de l’Etat est montrée du doigt. Le Liban redoute aujourd’hui un scénario à l’égyptienne.

« La fusillade contre l’ambassade de Russie n’a duré qu’une heure. Assez pour réveiller de vieux démons. Comme si les plaies de la guerre civile étaient mal cicatrisées », témoigne Youssef, un enseignant chiite interrogé par le correspondant à Beyrouth du quotidien catholique « La Croix ».

En quelques minutes, les Libanais renouaient avec la psychose des combats de rue, des attentats. Mardi dernier, une alerte à la bombe a entraîné le bouclage immédiat de la rue Hamra, la principale artère commerçante du quartier musulman de la capitale. Les Beyrouthins sursautent à chaque coup de téléphone susceptible d’apporter une mauvaise nouvelle. « Parce que ces incidents ont lieu dans tout le pays, nous avons l’impression que des groupes veulent nous diviser et semer la terreur. Cela nous ramène à 1975 », explique à « La Croix » Mgr Nougaïm, évêque de Sarba, une paroisse du Mont Liban.

Récemment réunis en Assemblée extraordinaire, les évêques du Liban avaient déjà exprimé leur inquiétude sur le climat de guerre et les agressions qui touchent plus particulièrement la communauté chrétienne.

La vague d’attentats qui a secoué le pays il y a deux mois visait en effet des églises greco-orthodoxes. Lundi, une religieuse de 60 ans a été assassinée en plein quartier chrétien. « Les rebelles sont des extrémistes islamistes. Les chrétiens craignent d’être des cibles et de vivre un scénario à l’égyptienne », confie encore Mgr Nougaïm.

Fractures communautaires bien réelles

Les non-dits de la guerre civile refont aussi surface. Les fractures communautaires resurgissent même si chrétiens et musulmans se sont unis pour condamner ces extrémistes. « La guerre civile s’est terminée par l’accord de Taëf imposé par les étrangers. Chacun est rentré chez soi sans rien dire mais, au fond, nos cœurs sont emplis de rancœur », explique au correspondant du quotidien français Ryad, un ingénieur musulman dont la voix trahit une angoisse. « On parle de convivialité mais on sait qu’au moindre incident, cela peut éclater. Les musulmans vont se dire les victimes, les chrétiens aussi. Et tout recommencera parce que rien n’a vraiment été résolu ».

La fragilité de l’Etat est également montrée du doigt. « Depuis la fin de la guerre, estime ce dignitaire religieux chrétien, il y a eu démission de l’Etat et une montée des autorités confessionnelles. Cela nourrit un climat propice à désigner n’importe quel bouc émissaire ». (apic/cx/mk/pr)

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