2000 jeunes à Paris pour un congrès JMJ.

Les 4 et 5 mars, le diocèse de Paris organise un « Congrès JMJ » sur le thème : « 2000 ans après qui ?. Deux mille jeunes de 15 à 35 ans se réuniront pour vivre un temps fort d’approfondissement et de découverte du Christ. Au programme : témoignages de journalistes, d’artistes et de sportifs ; enseignements par des évêques et des laïcs, veillées et temps de prière, forums de discussion ; temps de rencontre avec les mouvements et communautés présents, spectacle musical. Contact : JMJ2000 Paris. tel. 01 55 07 55 65. E-mail :

. ou Communauté aïn Karem, 01 42 96 11 94. E-mail :

Congo démocratique: 100’000 réfugiés après les massacres dans le diocèse de Bunia

Le CICR confirme le SOS du professeur fribourgeois Bénézet Bujo

Bunia/Fribourg/Genève, 19 janvier 2000 (APIC) Depuis juin dernier, les conflits interethniques qui ensanglantent le diocèse de Bunia, une région occupée par l’armée ougandaise dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ont déjà fait plus de 5000 morts, selon des sources catholiques.

« Les gens continuent de mourir par centaines, c’est un véritable désastre humanitaire, l’armée ougandaise laisse faire », affirme l’abbé Bénézet Bujo, professeur de théologie morale à l’Université de Fribourg. Lui-même originaire de Bunia, il y a passé trois mois l’été dernier et reste en contact permanent avec son diocèse.

Le CICR ainsi que MSF-Hollande (Médecins sans frontières) confirment que les troubles ont déjà causé le déplacement de 80 à 100’000 personnes réparties dans une douzaine de sites autour de Bunia. L’assistance amenée sur place par le CICR ne peut pour le moment pas être distribuée en raison des conditions d’insécurité. Le conflit interethnique est d’origine foncière et n’a pas grand-chose sinon rien à voir avec les combats qui opposent le gouvernement de Kinshasa aux armées rwandaise et ougandaise qui soutiennent la rébellion anti-Kabila, affirment les observateurs.

L’abbé Bujo n’hésite pas à parler de « génocide ». Il affirme qu’une opération d’épuration ethnique de grande envergure menée par l’ethnie des Lendus contre celle des Hemas se poursuit dans la région. « Des villages entiers ont été brûlés, sur une centaine de kilomètres, on ne trouve plus signe de vie puisque tout a été anéanti: les écoles, les chapelles, tout a été incendié, les troupeaux de vaches, de chèvres et de moutons ont été décimés par les assaillants », selon une source du diocèse de Bunia, dirigé par Mgr Léonard Dhejju.

Les explications données à ce conflit ethnique sont d’ordre socio-économiques: Bahemas et Balendus partagent le même territoire, la même culture et la même langue et vivent ensemble depuis plusieurs siècles. Les Bahemas comptent un plus grand nombre d’intellectuels et d’hommes d’affaires que les Balendus, affirme un groupe de prêtres de Bunia, ce qui fait que les Balendus se sentent socialement désavantagés. Ces prêtres parlent d’un scénario « à la rwandaise » qui se déroule à huis clos. Sur treize paroisses – souvent le seul lieu où les gens trouvent de l’aide – neuf ne fonctionnent plus et certaines ont été complètement détruites. Partout les prêtres, religieuses et religieux ont été chassés avec les habitants. Actuellement, la plus grande partie des habitants est réfugiée à Bunia et dans les environs immédiats de la ville, qui comptait avant le conflit quelque 120’000 habitants.

L’Eglise est paralysée et ses infrastructures sont débordées

Aujourd’hui, affirme l’abbé Bujo, Bunia est submergée de réfugiés et ses infrastructures ne peuvent faire face aux besoins des réfugiés, exposés aux risques d’épidémies. Il n’y a plus de marchés et les routes pour sortir de Bunia ne sont pas sûres, les gens sont désespérés. « L’évêque de Bunia, les prêtres, les religieuses et les religieux sont aussi visés par la violence; ils sont totalement isolés, paralysés, ne sachant que faire au niveau pastoral et social », peut-on lire dans un communiqué de l’Eglise locale parvenu à l’APIC.

Dans la région, pour ajouter à l’insécurité omniprésente, un millier de jeunes ont été envoyés pour s’entraîner au camp de Nyaleke, près de Beni, non loin de la frontière de l’Ouganda, au bord de la route qui traverse le Parc de Virunga. Nombre de ces « recrues » qui doivent combattre avec les forces rebelles anti-Kabila, affirme pour sa part l’agence d’information missionnaire MISNA à Rome, ont à peine 10 ou 11 ans. « Nombre d’entre eux ont été kidnappés, certains viennent de loin et ont été transportés par avion ». (apic/be)

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