Espagne: L’Eglise espagnole ne sait toujours pas communiquer

« Elle manque de professionnels », déplore « Vida Nueva »

Madrid, 21 janvier 2000 (APIC) L’Eglise espagnole ne sait toujours pas communiquer. Apprendra-t-elle un jour à se servir des médias?, s’interroge l’hebdomadaire catholique « Vida Nueva ».

Récemment un éminent professeur d’histoire de l’Eglise se plaignait que, en présentant la nouvelle exposition sur « Les âges de l’homme », la télévision publique avait consacré un large espace à la présence du chef du gouvernement à cette cérémonie, mais n’avait pas dit un seul mot sur l’organisateur véritable de l’exposition, à savoir l’Eglise. « En l’entendant, je n’ai pas manqué de penser que l’Eglise espagnole, comme institution, et les chrétiens en tant que groupe, continuent de ne pas savoir entrer en relation avec les moyens de communication. Et il s’agit d’une très grave erreur de la part de notre Eglise, car une mauvaise relation avec les médias et les journalistes finit par être une mauvaise relation avec ses auditoires, avec les citoyens », peut-on lire dans la dernière livraison de « Vida Nueva ».

Le problème, pour Juan Miguel Ramiro, rédacteur, est que l’Eglise espagnole ne sait toujours pas « utiliser » les moyens de communication. La meilleure façon d’être présent dans les journaux télévisés, à la radio et dans la presse écrite, dit-il, « c’est d’avoir une nouvelle à raconter, et de savoir comment la raconter ». Les journalistes qui assistaient à la présentation de l’exposition « Les âges de l’homme » savaient-ils quel était le rôle que l’Eglise y jouait? » On dira que c’est à eux de s’informer, réagit J.M. Ramiro. Sans doute, mais les organisateurs – l’Eglise – auraient dû préparer la documentation nécessaire de manière professionnelle, pour qu’aucun journaliste n’ait de doute quant à ce rôle ».

Le journaliste craint beaucoup que ni la Conférence épiscopale, ni les évêchés, ni aucune autre des nombreuses organisations de l’Eglise – sauf quelques ONG – n’aient de départements de communication modernes et adaptés, qui agissent avec la même compétence professionnelle que ceux qui travaillent au service des entreprises, des institutions publiques et privées et de toute sorte d’organisations. « L’Eglise espagnole, écrit-il, devrait aspirer à traiter sa communication de manière professionnelle comme le fait, par exemple, n’importe quelle compagnie, n’importe quelle banque ou n’importe quel syndicat ou parti politique ».

Où est la voix de l’Eglise…?

Et de s’interroger: « Où est la voix de l’Eglise devant la multitude d’événements d’importance? » S’il peut comprendre que la Conférence épiscopale espagnole « soit toujours extrêmement prudente dans ses déclarations » et qu’ »il n’est pas facile de parler au nom de tous les évêques », le journaliste s’inquiète: « Le silence et l’absence de l’Eglise dans les bulletins des agences de presse que nous, professionnels, nous traitons comme première source d’information, sautent aux yeux. Et comment ce qui n’arrive pas aux professionnels, aux journalistes, qui sont les médiateurs, pourrait-il parvenir jusqu’aux citoyens ? […] En outre, en d’innombrables occasions, l’Eglise espagnole et ses représentants s’écrasent contre le mur de la réalité. Les choses sont comme elles sont, et non comme il nous plairait qu’elles soient ». (apic/cip/pr)

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