Rwanda: Les médias officiels accusés de partialité dans le procès de Mgr Misago
Kigali, 21 janvier 2000 (APIC) Les médias officiels rwandais sont accusés de partialité dans le procès de Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, dont le procès pour «génocide» s’est poursuivi jeudi dans l’aula du Tribunal de Première Instance de Nyamirambo, dans la capitale Kigali. Me Pognon, avocat de Mgr Misago, a protesté contre cette façon de faire de l’accusation, qui tente de semer la confusion et de ridiculiser les témoins à décharge.
Au lendemain de la 16ème audience, les médias officiels rwandais – radio et télévision – tentent de rapporter de façon tendancieuse les nouveaux témoignages àà décharge tandis que l’accusation tente de ridiculiser dans ses contre-interrogatoires les témoins qui contredisent l’acte d’accusation. Mgr Misago, en prison depuis le 14 avril dernier, est accusé d’avoir participé à la planification du génocide de 1994. Le prélat a toujours clamé son innocence, et hurle à la mise en scène politique visant à faire taire toute opposition dans le pays.
«La radio et la télévision rwandaises font le jeu de l’accusation, amplifient les contre-interrogatoire des témoins de la défense, offrant à l’opinion publique une image partiale et non correcte du développement réel du procès», selon des sources locales qui assistent au procès, rapportées vendredi par l’agence d’information vaticane FIDES. La déposition et le contre-interrogatoire du Révérend Ignace Mboneyabo ont duré jeudi près de trois heures, ce qui a empêché la déposition d’autres témoins de la défense.
Le témoin, prêtre du diocèse de Gikongoro, est un survivant des massacres de Cyanika en avril 1994. Son témignage, qui a évoqué les circonstances de la mort de l’abbé Niyomugabo et de quatre autres personnes cachées avec lui à Cyanika, a montré que Mgr Misago, donné en pâture à l’opinion publique rwandaise par le pouvoir en place à Kigali, est tout à fait étranger aux faits qu’on lui reproche. L’évêque de Gikongoro est intervenu à plusieurs reprises tant auprès de la police qu’auprès des miliciens pour tenter de sauver l’abbé Musoni, qui avait trouvé refuge avec le témoin survivant dans des locaux jouxtant l’évêché. L’accusation affirme que l’évêque a refusé d’aider un autre prêtre cherchant refuge à Cyanika, version contestée par le témoin survivant. Le procès doit reprendre le 26 janvier.
(apic/fides/be)
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