Celui qui aime l’Eglise doit réclamer des réformes
Lucerne,
(APIC) Quelque 300 personnes ont participé vendredi à Lucerne à la remise du « Prix Herbert Haag pour la liberté dans l’Eglise ». Avec un message unique: la nécessité des réformes dans l’Eglise catholique.
Le conflit ouvert entre Herbert Haag et les évêques suisses, ainsi que la personnalité des lauréats, Mgr Luigi Marinelli, pour son livre « Autant en emporte le vent au Vatican », et le professeur lucernois Dietrich Widerkehr, n’ont pas manqué de donner un caractère revendicatif à la manifestation.
Dans sa laudatio Xavier Pfister, co-doyen de Bâle, a relevé en Daniel Wiederkehr, un théologien qui a constamment mis le doigt sur le devoir de réforme qu’impose à l’Eglise le Concile Vatican II. Grâce à sa sensibilité aux besoins pastoraux et aux défis du présent, il a toujours veillé à ce que la foi respire l’esprit du temps.
Dans sa réponse l’ancien professeur de théologie lucernois a souligné l’importance des Eglises locales au sein de l’Eglise universelle. Il a dénoncé un retour en arrière par rapport au Concile.
En l’absence de Mgr Luigi Marinelli, retenu à Rome pour raison de santé, c’est son éditeur Lorenzo Ruggiero, qui est venu recevoir son prix à Lucerne. Dans son livre, « Mgr Marinelli a eu le courage de tenter de provoquer une « glasnost » (dégel) libératrice au sein du Vatican », a relevé le chanoine Paolo Brenni.
Quant au professeur Herbert Haag, fondateur du prix il a déploré l’absence de liberté d’expression dans l’Eglise qui nuit à la recherche de la vérité. Il ne se passe plus rien en théologie alors que l’Eglise est mise au défi de répondre au besoin des hommes.
L’économiste André Zünd a dressé un portrait de l’Eglise en comparaison avec une multinationale. Pour lui la monarchie centralisatrice doit être remplacée par une direction collégiale et le centralisme romain doit faire la place à la décentralisation au niveau des Eglises locales.
Le célèbre théologien contestataire Hans Küng, président de la Fondation, cloué au lit par la grippe, a fait lire son discours. En des termes durs, il accuse la curie romaine de tout faire pour limiter la liberté dans l’Eglise et réduire au silence les voix critiques. Les Conférences épiscopales ont été mises au pas pour devenir la « cinquième colonne du Vatican ». Ce que, aux yeux de Hans Küng, le conflit actuel entre Herbert Haag et les évêques suisses démontre parfaitement. (apic/bb/mp)
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