Suisse romande: Célébrations œcuméniques à Genève et Lausanne
Genève/Lausanne, 24 janvier 2000 (APIC) Des milliers de Genevois ont assisté dimanche en fin d’après-midi à Genève à la célébration œcuménique organisée par le Rassemblement des Eglises et communautés chrétiennes de Genève (RECG). Celui-ci a voulu placer l’entrée dans le troisième millénaire sous le signe de l’œcuménisme, en cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Une célébration parallèle a eu lieu dans la cathédrale de Lausanne, réunissant l’ensemble des Eglises du canton de Vaud. Une première dans ce canton.
La célébration œcuménique voulue par le RECG à Genève, qui comprend 21 Eglises et communautés chrétiennes, a fait « salle comble ». Il fallait en effet faire la queue pour entrer dans la cathédrale Saint-Pierre. Et les retardataires ont dû se contenter d’écouter la célébration dehors, au froid. Des haut-parleurs avaient été installés à cet effet, écrit « Le Temps » dans son compte-rendu de la manifestation.
L’unité, a été le maître-mot de la célébration. « Depuis près d’un siècle, partout dans le monde et à Genève, les chrétiens recherchent toujours davantage ce qui les unit plutôt que l’affrontement à propos de ce qui les sépare », a déclaré Christian van den Heuvel, président du RECG, dans son discours d’accueil.
La célébration était animée par quatre chorale et des jeux d’orge. A 17h30, une dizaine d’officiants ont emboîté le pas, en avançant dans la nef centrale de la cathédrale, au son d’un orgue puissant. En tête du groupe figuraient Francine Carillo, pasteure réformée, et Dominique Peccoud, prêtre catholique-romain. Une fois arrivés dans le chœur, ces deux officiants, ainsi que le prêtre catholique-chrétien Jean-Claude Mokry, ont récité des louanges chacun à leur tour.
Moment particulièrement fort de la cérémonie: la reconnaissance des Eglises envers Dieu, accompagnée d’une réflexion sur leurs insuffisances et leurs qualités. Adrian Diaconu, de l’Eglise orthodoxe roumaine, a pour sa part éévoqué la « prétention » des orthodoxes à se croire parfois l’unique Eglise locale et leurs tentations de « refuser la modernité au nom de la tradition ».
Danse, chorale et prière
Joseph Hug a de son côté parlé de « la prétention passée de l’Eglise catholique romaine « à se croire l’unique Eglise universelle et de sa tentation d’être oppressive ». Quant à Cosette Odiet, elle a mis l’accent sur la « prétention » passée de l’Eglise réformée « à se croire l’unique Eglise locale » et sa « tentation de s’accommoder trop facilement en son sein d’interprétations éphémères ».
Les anglicans, les luthériens, les catholiques-chrétiens et les méthodistes se sont eux aussi exprimés par la voix d’un lecteur, avant que des représentants des Eglises évangéliques et pentecôtistes ne mettent un point final à cette partie de la célébration.
Danse, chorales orthodoxes, témoignages d’exclus et processions de l’Evangéliaire ont précédé la prédication du pasteur réformé André Normandon, placée sous les thèmes de l’exclusion, du salut et del’oecuménisme.
Emotions en fin de célébration avec une note fraîche et joyeuse: 200 enfants sont entrés dans la cathédrale. Après la prière universelle en plusieurs langues, Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève, le pasteur Joël Stroudinsky, président de l’Eglise nationale protestante, et le curé Jean-Claude Mokry, de l’Eglise catholique-chrétienne, ont lu la déclaration commune de leurs trois Eglises à l’occasion de l’an 2000, où elles expriment leur gratitude pour le chemin œcuménique parcouru et leur détermination de le poursuivre.
Après la lecture de la déclaration des trois Eglises reconnues à Genève sur leur volonté de rechercher l’unité, les enfants ont entonné un chant. « Ce genre de célébration œcuménique devrait avoir lieu plus souvent », devait résumer une participante.
A noter qu’un groupe de malentendants a pu suivre la cérémonie grâce à une traductrice.
Les chrétiens vaudois également au rendez-vous
Scénario peu ou prou identique dimanche soir à la cathédrale de Lausanne, où une foule nombreuse et compacte a également rassemblé les Eglises et communautés chrétiennes du canton de Vaud, pour une célébration œcuménique sans précédent sous cette forme. Cette grande cérémonie œcuménique pour l’an 2000, également placée dans le cadre de la Semaine pour l’unité des chrétiens, était retransmise en direct par la Télévision de la région lausannoise ainsi que sur Canal NV (Nord Vaudois).
Comme à Genève, une procession a remonté la nef. Des membres de chaque Eglise portaient au-dessus de leur tête une grappe de raisin en carton peint, symbole de son Eglise.
« Ce soir, nous avons le désir de regarder ensemble vers Jésus-Christ », s’est exprimé un des intervenants, avant de poursuivre: « Nous sommes ensemble pour prier, mais aussi pour faire la fête. Et pour faire la paix! ».
La célébration lausannoise s’est elle aussi poursuivie par des prières et des chants réformé, catholique, évangélique et orthodoxe.
C’est la première fois dans l’histoire du Pays de Vaud qu’un événement de ce genre rassemblait toutes les Eglises chrétiennes du canton, avec leurs sensibilités, leurs théologies et leurs ecclésiologies différentes. (apic/lt/pb/he/pr)
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