Tchéquie: L’héritage laissé par Josef Hromadka divise encore les protestants tchèques
Prague, 31 janvier 2000 (APIC) Trente ans après sa mort, le théologien et oecuméniste Josef Hromadka (1889-1969), provoque encore et toujours la controverse au sein des protestants tchèques. Son héritage divise encore. Et les théologiens n’arrivent pas à s’entendre sur le rôle des Eglises protestantes sous le régime communiste ni sur celui qu’elles devraient jouer dans une société post-communiste.
Un colloque sur l’héritage laissé par Josef Hromadka s’est tenu à la Faculté protestante de l’Université de Prague. Plus de 130 experts tchèques, allemands, polonais, néerlandais et américains ont présenté divers documents sur la théologie, la philosophie, et l’ecclésiologie de Josef Hromadka à l’occasion du 30e anniversaire de son décès.
Pour Pavel Smetana, président du Conseil oecuménique de la République tchèque, « Josef Hromadka a été un grand théologien, et certains aspects de son oeuvre resteront valables pour les générations futures. Il a joué un rôle crucial durant la prise du pouvoir par les communistes, et a donné une direction à l’Eglise. Nous cherchons la vérité sur notre histoire, et il fait partie de cette histoire », a-t-il encore ajouté lors du colloque. « Il a enseigné que nous devons assumer une responsabilité dans le domaine des affaires publiques », a poursuivi Pavel Smetana. Même s’il a critiqué l’économie de marché et a espéré que le mouvement socialiste apporterait de grands changements, il est devenu plus tard très critique à l’égard du communisme.
Pavel Smetana pense que le colloque a aidé à briser un tabou entourant le nom de Josef Hromadka et a permis de mieux le comprendre. Il a ajouté que le théologien, qui s’est vu décerner en 1958 le Prix Lénine pour la paix, a été honoré pour sa contribution originale à l’œcuménisme.
Autre son de cloche du pasteur Alfred Kocab, signataire de la Déclaration des droits de l’homme de la Charte 77 dans la Tchécoslovaquie d’alors, et membre de la même Eglise. « Josef Hromadka, a-t-il estimé, n’a pas su comprendre que l’on ne peut donner à la Parole de Dieu une forme institutionnelle. Il a répété l’erreur des siècles précédents en essayant de mêler les idées du Christ avec le pouvoir de l’Etat. Son mouvement a été protégé par le régime communiste comme un organisme d’Etat très haut placé. »
Le pasteur Gerhard Frey-Reininghaus, organisateur allemand du colloque, a fait remarquer que la plupart des jeunes théologiens ont décliné l’invitation à assister au colloque. « Josef Hromadka, a-t-il dit, a cru que la théologie devait être engagée dans le monde. Un certain nombre de problèmes auxquels il s’est attaqué – comment être un chrétien, comment atteindre les gens par l’Evangile – sont encore valables aujourd’hui, alors que nous ne sommes plus confinés dans un ghetto mais devons encore nous en échapper. »
Pour marquer le double anniversaire de la naissance et de la mort de Josef Hromadka, l’Alliance réformée mondiale, à Genève, a publié un livre de 124 pages « From the Reformation to Tomorrow » contenant un article écrit par Josef Hromadka et des hommages de théologiens et d’oecuménistes. (apic/eni/mk/pr)
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