B Maginnis, vice-président du «Family Research Council», confirme cette «évolution radicale» par rapport à l’attitude de l’administrati

Fin mai, le président Bush avait nommé John Clink, conseiller de la Mission du Saint-Siège près les Nations Unies, nouveau chef du Bureau du Département d’Etat américain pour la Population, les Réfugiés et l’Immigration, qui emploie 140 fonctionnaires et a un budget annuel de 750 millions de dollars. Alors que le secrétaire d’Etat Colin Powell avait choisi l’un de ses assistants, George Bush a ainsi voulu attirer l’attention sur la position catholique.

Avant d’être conseiller de la Mission du Saint-Siège près l’ONU, J. Clink a travaillé dans plusieurs pays pour les «Catholic Relief Services», la branche internationale de la Caritas américaine. A ce titre, il a participé à différentes conférences internationales et fait partie du Conseil de direction de l’UNICEF. (apic/aci/cip/pr(

Dans l’attente du jugement en correctionnelle de l’évêque

Le Père Valdrini, juriste, rappelle que le droit français reconnaît la valeur de l’importance accordée au secret. Cela pour permettre à chacun d’établir une vraie relation de confiance avec son médecin, son avocat ou son ministre des cultes. Mais ces règles juridiques évoluent et la conservation du secret est de moins en moins protégée dès lors que des agressions sexuelles ou des violences sur mineurs sont en jeu. Ainsi, dans ces cas, les travailleurs de l’aide sociale à l’enfance ou les médecins sont dispensés de tenir le secret. De fait, le droit protège de plus en plus les enfants. En outre, notre société, éprise de transparence, grignote la place accordée au secret.

Mgr Pican sera-t-il touché par cette évolution? Ce procès fera-t-il évoluer la jurisprudence actuelle? Si l’on reconnaît au médecin psychiatre qui a soigné le père Bissey le droit de n’avoir pas dénoncé le prêtre pédophile selon son option de conscience, pourquoi n’en serait-il pas de même pour Mgr Pican? Autant d’enjeux et de questions qui se poseront. Ce procès mettra sans doute en relief le caractère particulier de la relation entre un prêtre et son évêque, basée de manière constitutive sur la confiance.

Nombreuses questions

Mais l’opinion publique approche la question en dehors du cadre juridique, «un périmètre pénal étroit», et elle est avant tout sensible à la protection des fidèles, particulièrement des mineurs. Pourquoi la relation de l’évêque avec ses prêtres serait-elle plus privilégiée que celle qu’il entretient avec les fidèles ? Cette question risque d’être soulevée avec acuité. Mgr Valdrini se dit convaincu qu’il y aura pour l’Eglise un «avant» et un «après» affaire Pican. Et d’expliquer: «Opère-t-on dans un domaine propre à l’Eglise ou non dans le cas de l’affaire Pican? La bataille menée au début du siècle par l’Eglise de France pour garder une spécificité juridictionnelle l’a fait entrer dans une culture de l’immunité par rapport aux éléments extérieurs. Elle doit désormais se reposer la question de sa régulation interne».

Connexe à cette affaire, la question de la formation affective des prêtres. Le Père Guy Lescanne souligne que lui-même et ses confrères supérieurs de séminaires sont très attentifs à repérer les situations de pédophilie et de déviance sexuelle chez les futurs prêtres mais que, pour autant, le discernement n’est pas une science exacte. A Nancy (Meurthe&Moselle), Guy Lescanne n’accepte pas non plus en deuxième cycle les séminaristes qui présentent d’évidentes difficultés relationnelles car «la qualité première du prêtre c’est de savoir animer une communauté ecclésiale».

De même, les candidats qui seraient par trop exclusifs, dans l’exercice du culte ou vis-à-vis de leur sensibilité ecclésiale, seront découragés de continuer. Quid de la pression des évêques pour ordonner coûte que coûte de jeunes prêtres? «De fait, c’est bien l’évêque qui appelle. Mais on n’est pas obligé de céder aux diverses pressions quand on sait que tel ou tel élément ne fera pas l’affaire !». Le père Morin fait valoir pour sa part: «Notre formation doit nous rendre capables d’avoir un chemin de vie». Celui-ci passe par le célibat. N’est-il pas trop pesant? «Jusqu’à présent non dans la mesure où je trouve mon bonheur dans le don que je fais de ma vie», répond en substance cet animateur du FRAT, un important rassemblement de jeunes en région parisienne. Et de jurer les grands dieux que les filles ou les garçons des collèges et lycées, décidément non, ce n’est pas pour lui. L’illustration, à ses yeux, que les pédophiles relèvent d’un état pathologique préexistant au contact prolongé qu’ils ont avec des jeunes. Dit autrement: on ne devient pas pédophile en fréquentant des enfants mais on recherche assidûment leur contact quand on est pédophile. (apic/jcn/pr)

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