Rome: Mise en garde de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples
Rome, 12 juin 2001 (APIC) De nombreux prêtres des territoires de mission sont attirés par l’Occident. Leur départ risque de priver les jeunes Eglises de « forces apostoliques importantes La Congrégation pour l’évangélisation des peuples a publié lundi 12 juin 2001 une instruction pour limiter les abus.
La nouvelle instruction « sur l’envoi et la permanence à l’étranger des prêtres du clergé diocésain des territoires de mission » a été signée par le cardinal Jozef Tomko, ancien préfet de la Congrégation. Elle met en garde contre certains abus qui privent les jeunes Eglises de « forces apostoliques importantes » en faisant venir des prêtres dans les pays d’Europe et d’Amérique du Nord en particulier.
Le document de 14 pages – publié en italien, français, anglais, espagnol, portugais et allemand – s’adresse aux évêques. Il a été présenté à Jean Paul II le 24 avril 2001. Il reprend les principaux thèmes de l’ »Instruction sur la coopération missionnaire » publiée le 11 novembre 1998 pour assurer une meilleure « coordination » de la « coopération missionnaire », entre les conférences épiscopales et la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Entre les quatre œuvres pontificales missionnaires également.
Promouvoir la formation dans le pays d’origine
La formation à l’étranger est la raison principale pour lesquelles un prêtre diocésain des territoires de mission est envoyé en Occident, explique le document. L’instruction demande à chaque évêque de faire « une sélection judicieuse parmi ses prêtres pour envoyer à l’étranger ceux qui sont vraiment doués et capables ». Il est toutefois important, précise-t-il, de « promouvoir » une formation au plan diocésain, provincial ou national du pays d’origine.
« L’aide pastorale auprès des émigrés de sa propre nation » constitue également un motif d’envoi à l’étranger. Le départ doit alors se faire « pour un temps déterminé », par « des accords précis avec les évêques et éventuellement avec les conférences épiscopales où résident les émigrés ».
On trouve enfin « exceptionnellement » une autre raison dans le cas de prêtres contraints à quitter leur propre pays, « à cause des persécutions, des guerres, ou d’autres motifs très graves ». Dans ce cas, explique l’instruction, il s’agit de « faire la lumière » sur la situation de chaque pays avec l’accord de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Et « de tenir compte aussi des exigences de la législation de chacune des nations qui accueillent les réfugiés ».
L’attrait de l’Occident
L’échange de prêtres diocésains entre les Eglises des mêmes territoires de mission, dans le pays lui-même ou vers des zones et des régions moins évangélisées, ou vers d’autres pays manquant de personnel apostolique est « vivement à encourager ». L’instruction met toutefois en garde contre la « tendance d’un certain nombre de prêtres diocésains, incardinés dans les Eglises des territoires de mission, qui veulent quitter leur propre pays pour s’établir dans des pays européens ou d’Amérique du Nord. Souvent sous le prétexte de la formation. Ces départs sans retours se font « parfois avec l’accord tacite de l’évêque », souligne le document, précisant que d’autres se font dans la désobéissance.
L’instruction entend ainsi « réglementer » le séjour à l’étranger des prêtres diocésains des territoires de mission qui prive les jeunes Eglises et les populations « en grande partie non baptisées ». de « forces apostoliques importantes ». Le document a donc été envoyé à la fois aux évêques diocésains des pays de mission, ainsi qu’aux épiscopats d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et d’Australie, les principales destinations des prêtres venant de pays pauvres.
Réglementer les séjours à l’étranger
Dans une explication de l’instruction publiée à part, le cardinal Tomko cite l’exemple du Burkina Faso. Alors qu’il a encore besoin de missionnaires, ce pays envoie ses propres prêtres au Niger. Le premier évêque du nouveau diocèse de Maradi est l’un de ceux-là, écrit le prélat pour illustrer cette nouvelle forme de collaboration. « Si elle est bien réalisée, elle peut donner beaucoup de fruits là où l’évangélisation exigeait et exige encore aujourd’hui une nouvelle impulsion », ajoute-t-il, insistant sur l’importance de « réguler » ces mouvements par des accords entre les évêques d’origine et de destination.
L’objectif du cardinal Josef Tomko, remplacé àà la tête de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples par le cardinal Crescenzio Sepe, le 9 avril 2001, est d’arriver à « canaliser le flux nécessaire des prêtres au bénéfice des Eglises et à d’un « authentique esprit missionnaire ». (apic/imed/mjp)
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